Pourquoi Warhammer : The Old World va avoir un gros impact sur les jeux vidéo

2015, notre beau monde réel. Games Workshop, entreprise britannique bien connue, célèbre le lancement de Age of Sigmar sur les cendres de Warhammer Battle, son univers de fantasy qui n’était plus vraiment soutenu depuis un moment. La décision est cruelle – j’avoue faire parti des mécontents – mais peu importe, GW promeut son jeu avec d’impressionnantes figurines, et des livres pour soutenir le lore. Même si la grogne est toujours présente, ce nouvel univers beaucoup plus coloré (mais moins nuancé) se met en route et trouve son rythme, tandis que l’ancien commence à se faire oublier.

Sauf que arrivent 2016, et 2017. Creative Assembly publie coup sur coup Total War : Warhammer 1 et 2, un jeu de stratégie sandbox issu d’une célèbre saga, adaptant pour la première fois une autre franchise. Le succès critique, des joueurs comme des journalistes, est largement au rendez-vous. Mais au-delà de la qualité des jeux, ils apportent un de leurs éléments de gameplay titanesque : une map, tout simplement. L’immense map de campagne définit clairement les territoires du Vieux Monde, et on y retrouve bientôt des villes célèbres comme Mordheim, Naggarond, Drakenhof, Karak-aux-Huit-Pics ou encore Nagashizzar. Pour les adeptes comme moi de cet univers, la claque nostalgique est impressionnante : je retrouve Karl Franz conquérant l’intégralité de l’Empire jusqu’à Kislev, ou je mène les hordes fétides de Vlad von Carstein désacraliser les temples antédiluviens des Slanns. Gameplay et amour de l’univers se fondent dans cette série, et nul doute que Total War : Warhammer 3 apportera encore de longues heures de plaisir, et de profondeur.

Les nordiques de chez Fatshark Games ont aussi apporté leur pierre à l’édifice avec les deux Vermintide, très bien accueillis par la critique, et les frenchies de Eko Software ne sont pas en reste avec Chaosbane. Sans figurines et sans nouveaux romans, le monde Warhammer a été ressuscité par les développeurs de jeux vidéo, et ça n’est pas passé inaperçu.

 

 

 

  • Le modèle de l’Hérésie d’Horus…

 

Le 15 novembre 2019, la surprise a été agréablement totale lorsque Games Workshop a annoncé Warhammer : The Old World, une version augmentée et pleine de son ancien univers. Personne n’avait vu venir une telle chose, et ce premier logo montre que la machine est déjà en route. Ce “nouvel” univers co-existera avec Age of Sigmar, et afin de le justifier, GW prend pour modèle Warhammer 40,000 et l’Hérésie d’Horus. Pour ceux qui l’ignore, cette période épique prend place 10 000 ans avant l’univers actuel, et a façonné de manières grandioses de nombreux événements et organisations contemporains. L’idée serait donc d’avoir Age of Sigmar en timeline principale, et The Old World en timeline passée mais avec toujours de grands événements qui s’y produisent.

Certains arguent qu’il pourrait aussi s’agir d’une continuité parallèle. Il est de notoriété publique la Fin des Temps, cette gigantesque période marquant la fin de Warhammer et la naissance de Age of Sigmar, est plus que discutable d’un point de vue narratif. Il serait alors intéressant pour Games Workshop d’offrir une timeline alternative, comme les What If de Marvel, où le siège d’Altdorf, les problèmes familiaux des Elfes et le piège de Manfred se seraient passés différemment, voire pas passés du tout. A l’image de ce qui se fait actuellement avec son pendant futuriste, l’univers de Warhammer pourrait ainsi avancer dans sa propre histoire, et avoir des développements intéressants.

 

 

 

  • … mais à quel point ?

 

Depuis l’annonce de base, Games Workshop a publié un nouvel article, teasant la nouvelle map. On retrouve ce bon Vieux Monde que l’on connaît depuis des décennies, mais avec quelques changements comme l’apparition d’Albion, ou d’une forêt à l’est de Kislev.

Là où c’est intéressant, c’est que cette map paraît extrêmement précise avec des vallées, des forêts, des escarpements… bref, cela pourrait parfaitement être intégré à un RPG, là où l’ancienne map était basique. Et dans le cas présent, Kislev semble afficher des étendues boisées qui n’étaient pas là auparavant, ce qui pourrait indiquer une temporalité antérieure à ce qu’on connaissait. Des experts loristiques, sur divers forums, ont également noté que le premier teasing semblait mettre en avant le Solland, province impériale ayant été anéantie lors de l’Âge des Trois Empereurs. Il est donc possible que Games Workshop souhaite “agrandir” la surface exploitable de son monde pour y caser un maximum d’histoires et c’est une excellente chose. Comparativement, la nouvelle Kislev semble encore plus détaillée que le Vieux Monde d’il y a encore cinq ans !

Et il faut bien se rendre compte qu’il ne s’agit que d’un petit morceau du Vieux Monde, peu connu et dont les possibilités sont titanesques. Si un tel traitement est appliqué à l’ensemble des régions, et c’est bien probable que ça soit le cas, on serait retrouverait avec un univers géographiquement détaillé, peut-être même suffisamment pour que des décennies d’histoires puissent s’y dérouler sur une très vaste période.

 

 

Mais jusqu’où aller ? En explorant une période déjà connue des joueurs, Games Workshop se limite à une gamme finie de lieux, personnages et autres noms mythiques, rendant délicat les événements de taille comme, du côté de 40k, le retour d’un primarque et l’avancée de l’histoire. De plus, le modèle de l’Hérésie d’Horus fonctionne assez bien car il s’étend sur une galaxie entière, avec des milliers de planètes, de space marines, des millions de garde impériaux, des technologies datant de plusieurs siècles… bref, les auteurs et designers peuvent créer une multitude de nouveautés qui peuvent ensuite se décliner en produits divers et variés. Avec The Old World, il paraît préférable que Games Workshop s’attarde sur telle période ou telle région pour l’exploiter à fond, lui donnant une réelle profondeur.

C’est là que les jeux vidéo peuvent entrer dans la danse : la série Total War : Warhammer ne s’encombre pas vraiment de la chronologie, et offre au joueur un mode sandbox aux possibilités presque infinies à l’échelle du monde entier. C’est donc une facette de l’univers qui est exploitée, mais quid du reste ? Prenons l’exemple de l’indémodable The Witcher 3 de CD Projekt Red : le jeu se passe après les livres, base de l’univers. Le studio polonais a donc créé une histoire originale riche, en reprenant les personnages et les lieux pour approfondir leur histoire, leurs liens et ainsi de suite. Et franchement, qui n’a jamais rêvé d’un RPG complet dans l’univers de Warhammer !? S’il fallait encore d’autres éléments pour prouver la hype, la récente arrivée du vénérable Mark of Chaos sur GOG a réjoui de nombreux gamers des années 2000, tandis que les plus jeunes pourraient être intéressés par Warhammer : Odyssey. Ce MMORPG mobile ne correspond pas forcément à des attentes de la communauté, mais prouve encore une fois que l’attrait pour le Vieux Monde est, à l’image des chapeaux à plume de Nuln, indémodable et éternel.

A l’heure actuelle, le développement de Warhammer : The Old World est encore à un stade embryonnaire, mais on imagine largement que les esprits créateurs de Games Workshop ont planifié des storylines sur le long terme. A partir de cela, il n’est pas impossible de se dire que des contacts aient déjà été pris avec un certains studios, pour que les premières sorties majeures soient accompagnées de jeux sur les mêmes thèmes. Les nombreux designs préliminaires en rapport avec Kislev vont fortement de le sens de l’ajout de cette faction pour Total War : Warhammer 3, laissant entendre une collaboration étroite avec Creative Assembly. Si le studio britannique et l’entreprise de figurines travaillent déjà sur ce à quoi ressemblera The Old World, on peut même imaginer, avec un brin de folie, que des concepts vidéo-ludiques sont aussi développés, ou au moins discutés !

Encore une fois, il est un peu tôt pour ce genre de conjectures, mais on espère que l’entreprise britannique saura surfer sur la vague positive de ses dernières années pour, enfin, proposer des jeux de qualité.

 

 

 

 

 

 

 

 

emilio

Rédacteur en chef de ce p'tit bien sympatoche ! Dispo sur Twitter : @RealMimil

Laisser un commentaire