En 2020, j’ai joué à Warhammer Online, et c’était vraiment cool

   

C’est un 2008 qu’est sorti Warhammer Online : Age of Reckoning, portant en lui de nombreuses promesses. Un MMORPG dans l’univers fantastique de Games Workshop, c’était un fantasme d’enfant pour beaucoup, et les cinématiques de lancement nous ont encore plus hypé ; à l’époque où World of Warcraft dominait largement sur le marché, Mythic Entertainment a fait le pari de donner vie à Warhammer dans un ambitieux jeu vidéo, et ce pari s’est avéré globalement justifié.

Mais une mauvaise gestion de la part de l’éditeur Electronic Arts et un contenu supplémentaire absent ont eu raison des joueurs ; la concurrence était particulièrement rude à ce moment là, avec Tera ou encore Rift, sans parler de l’extension Cataclysm pour le jeu phare de Blizzard. En décembre 2013, les serveur s’éteignent définitivement, et avec eux le rêve de grandeur autrefois offert par Warhammer Online.

Et pourtant, s’il y a bien une chose que les jeux vidéo nous ont montré, c’est que la passion des fans offre un pouvoir sans limite. Alors que Mythic Entertainment fermait ses portes, quelques membres de la communauté ont décidé de prendre le problème à bras le corps, et de le résoudre en même temps. C’est ainsi qu’est né Warhammer Online : Return of Reckoning, un serveur privé aux grandes ambitions.

 

 

J’y avais fait un tour rapide courant 2017, mais des quêtes buggées dans le début de mon parcours en tant que chevalier du soleil avaient légèrement refroidi mon entrain. Ajoutez à cela une pile monstrueuse de jeux à finir à côté, et je me suis dit que j’y referai peut-être un tour plus tard.

Comme souvent, le plus tard s’est transformé en années, et il m’a fallu attendre le premier confinement de l’année 2020 pour me dire « Hey, si on refaisait un tour dans le Vieux Monde ? ». J’ai probablement été beaucoup aidé en ce sens par Total War : Warhammer 2, avec ses DLC plus stylés les uns que les autres, mais aussi par l’annonce de Warhammer : The Old World par Games Workshop. Il était temps pour moi de revenir aider l’Empire contre ses ennemis de toujours en me baignant de nostalgie.

Quelle classe choisir, cependant ? Je joue depuis des années un paladin sur World of Warcraft, je suis dévoué à Sigmar et assez fan de la coupe Johnny Sins ; vous l’aurez compris, un prêtre-guerrier s’impose !

Et dès la connexion, me voilà plongé dans l’univers de Warhammer. Les premières quêtes côté Empire nous demandent de repousser une invasion de barbares norses, et tant que fidèle de Sigmar armé d’un gros marteau, j’y vais de bon cœur. L’architecture des simples maisons rappelle directement les illustrations des livres d’armées et White Dwarf de mon enfance, autant vous dire qu’on est directement pris dans l’aventure. Des officiers impériaux œuvrent de concert avec des artificiers nains pour repousser l’envahisseur, et prendre le contrôle d’une pièce d’artillerie pour bombarder les barbares chaotiques à quelque chose s’assez satisfaisant.

 

 

La progression d’une zone à une autre se fait de manière assez organique : une menace majeure pèse sur tel ou tel endroit, et nous passons ensuite au suivant. Il est intéressant de noter que les zones « raciales » sont accessibles assez rapidement. Ainsi, après avoir botté les fesses de ceux qui voulaient du mal au Nordland, j’ai fait un petit tour à Ulthuan pour aider les oreilles pointues contre leurs sombres cousins. Après cela, direction les terres ancestrales de Barak Varr pour filer un coup de main aux Nains dans leurs combat de toujours. Si chaque zone bénéficie de sa propre histoire, les forces de l’Ordre et de la Destruction s’opposent de manière miroir :

 

Empire vs Chaos

Nains vs Peaux-Vertes

Haut-Elfes vs Elfes Noirs

 

Ces dynamiques fonctionnent assez bien et offrent une véritable campagne de leveling, où l’on a réellement l’impression de repousser un même ennemi envers et contre tout. La Fin des Temps est sur le monde, et c’est à nous qu’il revient de l’empêcher. Pourtant, l’ensemble a de tristes limites.

 

 

 

En cinq ans d’existence, Warhammer Online : Age of Reckoning n’a reçu qu’une pauvre « extension » intitulée Call to Arms ; elle a apporté deux nouvelles carrières (classes) et du contenu PvP, mais c’est tout. Et si le jeu de base était une pépite pleine de potentiel, il est regrettable que Mythic Entertainment n’ai pas eu l’occasion d’aller encore plus loin.

D’abord avec, justement, les zones de pex et le PvE. L’ensemble de la progression n’est pas vraiment équilibré, et aurait mérité une petite refonte des familles. Les quêtes ne sont pas assez nombreuses et parfois pas toujours réparties de manière égale. Il aurait été bien, quelques années après le lancement, que Mythic regarde tout ça.

Cela dit, les quêtes publiques sont d’excellents événements multijoueur, qui poussent la communauté à s’allier pour contrer une plus grande menace. En plus de nouer des liens, on en vient à ressentir le fait que tout part en cacahuète, et que des héros doivent se regrouper pour affronter la menace. C’est le propre des MMORPG, et Mythic Entertainment l’a parfaitement retranscrit. Néanmoins, il aurait été agréable d’avoir un contenu PvE plus travaillé, et plus mémorable.

 

 





 

 

 

Mais Return of Reckoning propose surtout une expérience PvP, et ça se sent jusqu’au leveling. Ici, pas de tag en donjons aléatoires comme dans World of Warcraft, mais bien des champs de bataille à la chaîne, appelés ici Scénarios. Ils sont nombreux, avec des objectifs différents, et proposent un break bienvenu dans le leveling PvE. Différents objectifs doivent être capturés, selon un la map et surtout, selon la configuration des combats. J’ai trouvé la très grande majorité des Scénarios divertissante : pas de temps morts, des combats épiques et, étrangement, une organisation globale qu’on ne retrouve pas partout. Les récompenses à la fin de chacune de ces batailles sont aussi très gratifiantes, qu’il s’agisse de compos d’artisanat ou de monnaies permettant d’acheter de l’excellent stuff. Au final, l’expérience et les gains rendent les Scénarios encore plus plaisants qu’ils ne le sont de base, et offrent de la diversité dans la manière de jouer.

Mais le gros point fort de feu Warhammer Online : Age of Reckoning, c’est bien le PvP en monde ouvert – ou plutôt le RvR. Dans ce lointain univers où il n’y a que la guerre, les forces de l’Ordre et de la Destruction peuvent s’affronter en classique PvP sauvage, dans les Scénarios et, finalement, dans les « lakes« . Ce terme non-officiel désigne d’impressionnantes zones dans le monde ouvert, qui jouxtent les classiques régions PvE où l’on va tranquillement accomplir des quêtes. Mais qu’est-ce qu’elles ont donc de particulier ? La guerre totale, pardi !

Ces véritables champs de bataille voient s’affronter des armées de centaines de joueurs, pour différents objectifs et accomplir des quêtes PvP. Est-ce que c’est vraiment stylé ? La réponse est ici mitigée. Il y a un sentiment vraiment unique à se retrouver au milieu de trois cent Haut-Elfes, Nains et Humains contre un nombre égal de soldats de la Destruction, et à se battre dans des cols escarpés et des villages ravagés, le tout sans merci. Qu’on aime ou pas le joueur contre joueur, il y a quelque chose de vraiment épique à participer à des batailles dignes de l’univers de Warhammer.

 

 

 

 

 

Mais ça n’est hélas pas suffisant – et ça n’est pas la faute de Return of Reckoning, qui semble avoir rendu parfaitement fonctionnel cet aspect du jeu de base. Le fait est que le Warhammer Online de base, avec ses nombreuses qualités, date de 2008 et n’a reçu que très peu de support dans les années qui ont suivi. Mauvaises estimations de Mythic Entertainment ? Décisions très moyennes de Electronic Arts ? On pourrait consacrer une (triste) saga aux raisons de la fermeture, et l’une d’elle est certainement le manque global d’évolution des choses. Les lakes sont un concept fantastique mais qui manque d’une réelle exécution, d’un petit panache supplémentaire !

Pour un MMOPRG joué en 2020/2021, Return of Reckoning donne l’impression d’être une bêta extrêmement prometteuse, mais qui manque encore de quelques mois de réflexion, et réalisation. Cela ne veut pas dire que Warhammer Online n’est pas fini, l’expérience de jeu qu’on y trouve étant largement appréciable ; mais trop de petits éléments manquent d’une finition plus appropriée. Les métiers (notamment l’interface) sont extrêmement basiques, ce qui dommage étant donné qu’on voit l’embryon de bonnes idées ; le stuff, bien qu’accessible sans trop de prise de tête, bénéficiait d’écarts de niveau trop importants – il convient néanmoins de dire que les développeurs derrière Return of Reckoning ont fait plusieurs ajustements d’équilibrages à ce niveau là. Les classes aussi ont bénéficié d’un léger lifting, et avec le nombre croissant de joueurs, les batailles sont plus épiques les une que les autres.

 

 

 

 

L’équipe de développement a plusieurs fois indiqué que si l’optimisation du jeu continuerait jusqu’à la perfection, de nouveaux ajouts sont également prévus. Une arène PvP unique a déjà été implémentée, et des nouveautés à venir sont prévues.

La version française est quasiment intégrale, n’ayez donc pas peur des screenshots ci-dessus – il m’a juste fallu un certain moment pour comprendre tous les paramètres. Vous pouvez en apprendre sur le site officiel de Return of Reckoning, où vous trouverez des liens de téléchargement pour le jeu ainsi que les dernières news !

 

 

 

Lothan

Rédacteur en chef de ce p'tit site bien sympatoche ! Amateur de jeux stylés, point bonus s'il y a une histoire riche et/ou des blagues de gamin. Dispo sur Twitter : @RealMimil

7 thoughts to “En 2020, j’ai joué à Warhammer Online, et c’était vraiment cool”

  1. C’est un jeu qui m’a retenu dix ans et la majorité sur les serveurs privés.
    Le PvP est extrêmement jouissif au vue du nombre d’aptitudes à gérer, les complémentarités entre avatars et le fameux triptyque tank, heal, DPS… et le placement qu’il soit individuel ou de l’ordre des warbands sur le champ de bataille.
    Merci pour ton article construit car ce jeu mérite de la pub, vu le travail accompli par le staff de RoR qui s’y colle plus dur que EA ne l’a fait.
    Bon jeu !

  2. Très bon serveur, malheureusement la campagne RvR manque de stratégie dans la gestion des prises de cartes qui ne sont pas récompensées par des points.
    Perte de joueurs RvR malgré le redesign RvR sur lequel Yali et le staff ont bossé dur je crois.
    Très bon jeu PvP, et donc Group vs Group, Guild vs Guild,.. de bonne bastons sur champ de bataille, des sièges intéressant avec de vrai mécaniques, Forteresses, Capitales…. Bravo.
    Actuellement des problèmes d’équilibrage sur le palier T4, trop de différences de niveaux malgré le bolster, des équipements un peu trop puissants alors que le jeu est « normalement » orienté RvR et non pas PvP.
    Les scénarios campé par les joueurs hauts level suréquipé…
    Pas de lock entre les royaumes donc énrme X-Realming démotivant pour les joueurs RvR et Role players qui sont la base de la licence Warhammer.
    Encore du taf sur le RvR et ils atteindront le top pur moi; mettez un score sur la campagne RvR global, fermé les Royaumes 3 heures et les joueurs reviendront si vous voulez qu’ils reviennent bien sur ;)

  3. Ah oui ? J’avoue que j’y ai pas joué depuis de longs mois, mais niveau équilibrage c’était surtout la Destruction qui avait l’avantage, notamment parce qu’il y avait plus de joueurs^^
    Après avec tout ce qui se passe sur la scène Warhammer, on croise les doigts pour qu’un autre MMORPG de ce type voit le jour… :D

  4. Dommage que le serveur soit tenu par des branquignols qui ne sortent aucun contenu autre que ce qui existait déjà sur la release mais le pire à mon sens c’est le fait qu’ils ne up uniquement la faction « Ordre » puisque c’est là que tout le staff a ses personnages.

    Ce jeu méritait mieux que Return of Reckoning et son équipe d’amateurs.

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