Games Workshop s’attaque aux mods Warhammer 40,000 sur Tabletop Simulator et ravive un vieux débat
Dans un lointain présent, il n'y a que la propriété intellectuelle
Games Workshop a une nouvelle fois sorti le marteau judiciaire. Plusieurs mods de Tabletop Simulator reproduisant la 11e édition de Warhammer 40,000 ont récemment fait l’objet de demandes de retrait, provoquant une vive réaction au sein de la communauté. Les contenus visés permettent notamment de recréer les règles, les armées et certains éléments du jeu de figurines directement sur Steam.
Pour une partie des joueurs, cette décision marque le début d’un nouveau « Moyen-Âge Technologique » selon l’expression employée par certains créateurs de contenus, qui ont repris la nouvelle avec beaucoup de triesse. Les mods concernés servaient aussi bien à jouer à distance qu’à tester des listes d’armée avant d’investir dans des figurines souvent coûteuses, faisant ainsi du jeu un outil aussi inattendu que précieux ; de nombreux utilisateurs estiment d’ailleurs que Tabletop Simulator agit davantage comme une porte d’entrée vers le hobby que comme un substitut aux produits physiques, et que Games Workshop en sortait finalement gagnant.
La position du géant britannique n’est toutefois pas dénuée de fondement juridique, puisque plusieurs mods reproduisent directement des figurines, des illustrations ou des règles appartenant à l’entreprise. Games Workshop défend depuis longtemps sa propriété intellectuelle avec une politique particulièrement stricte, comparable à celle de Nintendo dans le jeu vidéo.

Le véritable problème est ailleurs, toutefois. Depuis des années, la communauté réclame une alternative officielle permettant de jouer à Warhammer 40,000 en ligne avec les règles complètes du jeu ; or Games Workshop refuse systématiquement de proposer une telle solution, tout en supprimant les initiatives communautaires qui répondent à cette demande. Les réactions sur Reddit (pour le mod créé par hutber et celui créé par Seaborne) mélangeant agacement et tristesse, puisque cette 11e édition était très attendue et portait avec de nombreuses promesses, dont un retour à Armageddon et des règles plus stratégiques.
Cette situation révèle surtout la transformation du hobby. Les joueurs utilisent désormais les outils numériques pour préparer leurs armées, organiser des parties à distance ou découvrir de nouvelles factions. En supprimant ces mods sans proposer d’alternative crédible, Games Workshop risque surtout d’alimenter un sentiment déjà présent chez une partie de sa communauté : celui d’une entreprise extrêmement protectrice de sa propriété intellectuelle, mais parfois déconnectée des usages modernes de ses propres joueurs. Et alors que le géant du wargaming entend multiplier les succès vidéoludiques, s’aliéner ses utilisateurs actuels n’est pas forcément une bonne idée…



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