Dans sa guerre guerre contre Epic, Apple a demandé – et obtenu – des informations légales de Valve

Le conflit entre Apple et Epic Games continue son escalade, et emporte avec lui d’innocentes victimes. La dernière en date est Valve, qui n’avait rien demandé à personne et se contentait de faire tranquillement sa vie dans son coin.

La semaine dernière, Apple a demandé à un juge d’ordonner à Valve de remettre de nombreuses données internes, dont celles afférentes au plus de 30 000 jeux et applications disponibles sur Steam. Pourquoi une telle demande ? Apple estime qu’en tant que leader du marché, Valve possède une connaissance quasi-encyclopédique du marché, de ses pratiques et, bien entendu, des stratégies viables. Pour rappel, le début de cette guerre repose sur le fait que Epic souhaitait se passer de l’App Store sur iOS, et que les joueurs de Fortnite puissent faire leurs achats sans qu’aucune commission ne soit réservée à la partie hardware ; en tant que fabricant de l’iPhone, Apple a moyennement apprécié et tout simplement retiré le jeu de son store.

A la demande du juge, Valve a répliqué que ses données ne concernaient nullement d’autres entreprises – ce qui fait sens – mais, plus amusant encore, qu’elles n’étaient pas spécialement organisées. Il est de notoriété publique que l’entreprise dirigée par Gabe Newell bénéficie d’une hiérarchie plus horizontale que verticale, dans le sens où tout le monde fait un peu ce qu’il veut, bosse sur les projets qui ont l’air cools, et voilà ; assez tristement, c’est aussi la raison pour laquelle les trilogies n’ont jamais eu de troisième opus…

 

 

 

Le juge Thomas Hixon a déclaré que le statut d’entreprise privée de Valve ne l’immunisait pas à une « découverte », dans le sens où la loi lui est supérieure. Si les documents seront préservés sous le sceau de la confidentialité, il n’en reste pas moins que des éléments seront lus au tribunal devant Epic Games, un concurrent en pleine ascension, et Apple, un concurrent potentiel ; d’un autre côté, il n’est pas très risqué d’affirmer qu’avec ce move, la firme à la pomme vient de se mettre pas mal de gamers à dos.

Pour le moment, aucun grand studio ou éditeur n’a indiqué son soutien à Valve ; en octobre dernier, Microsoft avait subtilement envoyé des piques à Apple et ainsi manifesté une certaine sympathie envers Epic, mais rien n’a été déclaré depuis.

Valve a jusqu’au 8 mars prochain pour produire les documents, qui ont finalement été ramenés à 436 jeux qui sont communs à Steam et l’Epic Store. En revanche, Valve devra produire des données spécifiques sur tous les jeux mis sur sa plateforme depuis 2017 :

 

  • Le nom complet de chaque app
  • La période durant laquelle ladite app était disponible sur Steam
  • Le prix de l’app, mais aussi de tous les achats intégrés

 

Si Apple avait demandé ces documents en remontant jusqu’à 2015, le juge a noté que l’Epic Store  n’était actif que depuis 2018, d’où cette réduction par rapport à la demande originale. Valve a trente jours pour complaire à cette demande, ce qui paraît être un délai remarquablement court compte-tenu de la quantité d’informations demandées.

S’il est pour l’instant impossible d’avancer un verdict, les derniers événements de cette guerre inédite renferment les graines d’une révolution de l’industrie. Depuis deux ans, le monopole de Valve est menacé par la croissance agressive d’Epic Games… et voilà que les deux adversaires viennent de se trouver un ennemi commun. En s’aliénant ces deux acteurs majeurs mais aussi une bonne partie de leurs communautés respectives, Apple vient de créer le germe d’une potentielle coalition, où des rivaux pourront trouver un terrain d’entente pour protéger des libertés majeures.

Si Valve transmet effectivement au juge Hixon les documents requis, il faut garder en tête que le procès ne commencera en théorie pas avant début mai. D’ici là, peut-être que des réactions d’autres membres de l’industrie pèseront dans la balance…

 

Rédacteur en chef de ce p'tit site bien sympatoche ! Amateur de jeux stylés, point bonus s'il y a une histoire riche et/ou des blagues de gamin. Dispo sur Twitter : @RealMimil

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