ARC Raiders : Embark reconnaît les critiques sur l’IA, mais défend son utilisation pour les doublages
L'intelligence artificielle fait débat, mais elle fait aussi faire des économies de temps et d'argent !
La polémique autour des voix générées par intelligence artificielle dans ARC Raiders n’est pas terminée, mais s’adoucit. Dans une nouvelle vidéo consacrée à la conception sonore du jeu (visible au bas de cet article), Embark Studios reconnaît que les critiques des joueurs étaient en partie justifiées, tout en défendant les raisons pratiques qui ont motivé ce choix.
Le studio estime notamment qu’enregistrer manuellement l’intégralité des répliques aurait été trop contraignant au rythme du développement. Bence Pajor, directeur audio du jeu, explique que les comédiens ont bien participé à la production. Leurs enregistrements ont notamment servi à alimenter les outils de synthèse vocale utilisés pour les phases de prototypage. Le problème concernait surtout le volume de dialogues nécessaires au fonctionnement du système de marquage : chaque nouvel objet ou fonctionnalité peut générer plusieurs répliques contextuelles, dont certaines évoluent au fil des mises à jour.
Selon M. Pajor, rappeler les acteurs en studio à chaque modification aurait été difficilement viable. Il estime même qu’ils auraient fini par « devenir fous » face à la quantité de lignes à enregistrer. Aleksander Grøndal, producteur exécutif, reconnaît de son côté que certaines critiques étaient « tout à fait justifiées, » et qu’il n’y avait aucune raison de chercher à se montrer défensif. Relativement jeune, le studio suédois n’en est qu’à son deuxième jeu et a été largement surpris par le succès colossal de ARC Raiders, on comprend donc que des choix faits durant le développement ne le soient plus après la sortie. En plus de l’utilisation de l’IA, on pense également au fameux mode PvE.

Embark tente donc de présenter l’IA comme un outil de production plutôt que comme un remplacement des comédiens. Le directeur créatif Stefan Strandberg affirme que le studio souhaite au contraire valoriser les performances humaines et donner davantage de place aux acteurs dans les prochaines évolutions du jeu.
Cette explication intervient après plusieurs mois de controverse. En mars 2026, le PDG et fondateur Patrick Söderlund avait déjà confirmé que certaines répliques avaient été réenregistrées par de véritables comédiens, reconnaissant explicitement la différence de qualité entre les deux approches ; il avait toutefois précisé que le studio continuerait d’utiliser la synthèse vocale pour certains dialogues secondaires. Un mois après la sortie de ARC Raiders, le site réputé mais manifestement peu fiable Eurogamer avait baissé la note du jeu dans son test, parce que l’auteur n’aimait tout simplement pas l’IA ; même son de cloche du côté de Neil Newbon, doubleur très célèbre s’il en est, qui avait critiqué les choix d’Embark sans prendre en compte le contexte.
Le problème dépasse finalement la seule qualité sonore ou même l’idéologie des critiques. Même lorsque les comédiens donnent leur accord contractuel à l’utilisation de leur voix, la question de la rémunération et du travail effectivement confié aux interprètes reste entière. La rapidité de développement ne constitue pas, à elle seule, une réponse à ces préoccupations. Embark semble avoir compris qu’il ne suffisait pas de présenter l’IA comme un simple outil pour convaincre son public. Reste à savoir si les prochaines mises à jour donneront davantage de place aux performances humaines, ou si le studio continuera de privilégier un compromis dicté par ses contraintes de production.

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