Arkane Lyon : les syndicats accusent Microsoft d’avoir saboté Marvel’s Blade pour justifier la fermeture du studio
Mais les preuvent ne s'accumulent pas...
La situation d’Arkane Lyon prend une nouvelle tournure. Le Syndicat des travailleureuses du jeu vidéo (STJV) accuse Microsoft d’avoir volontairement fragilisé le développement de Marvel’s Blade, avant d’utiliser les retards et les surcoûts engendrés pour justifier la fermeture du studio. Une accusation particulièrement grave, alors que 217 emplois sont toujours menacés.
Dans un communiqué publié le 4 novembre, le syndicat affirme que Microsoft a imposé un gel des recrutements pendant 19 mois. Cette décision aurait privé les équipes de renforts nécessaires, provoquant des retards et une augmentation des coûts de production. Le STJV estime donc que l’éditeur invoque aujourd’hui des difficultés auxquelles il aurait lui-même contribué ; il faut toutefois rappeler qu’en août 2025, des employés du studio ont demandé via le STJV à Microsoft de couper tous les liens avec Israël, important une dimension politique dans une relation purement commerciale. Le STJV a plusieurs fois montré son soutien à la Palestine dans un contexte où, juridiquement comme grammaticalement parlant, c’est un non-sujet total.
Le syndicat assure par ailleurs que le développement de Marvel’s Blade se déroule correctement et que le niveau de qualité attendu correspond aux standards habituels d’Arkane, connu notamment pour Dishonored, Prey et Deathloop. Il considère qu’abandonner le projet coûterait probablement davantage à Microsoft que de permettre au studio de le terminer. Le STJV conteste également la présentation de la situation financière du studio. Selon lui, Arkane serait rentable, mais ses revenus seraient en partie transférés au groupe Microsoft par un mécanisme de centralisation de trésorerie. Le syndicat estime ainsi que les résultats financiers présentés ne reflètent pas fidèlement la santé économique du développeur.
Plusieurs entreprises auraient manifesté leur intérêt pour une reprise, parmi lesquelles Ubisoft. Le délai accordé pour trouver un repreneur aurait été prolongé jusqu’au 13 décembre 2026. Le syndicat réclame également que les salariés puissent participer aux décisions concernant l’avenir du studio. En cas de fermeture définitive, ses revendications sont particulièrement élevées : 200 000 euros d’indemnités par salarié et deux années d’accompagnement financier pour faciliter leur reconversion professionnelle.
Microsoft n’a pas encore répondu publiquement à ces accusations. Il convient donc de distinguer les faits rapportés des conclusions avancées par le syndicat, notamment concernant une éventuelle volonté délibérée de saboter le développement. Une chose est néanmoins certaine : après la fermeture d’Arkane Austin en 2024, voir le studio lyonnais connaître le même sort constituerait un nouveau coup dur pour l’industrie française. Et le risque ne concerne pas uniquement les 217 emplois menacés : Marvel’s Blade, annoncé en décembre 2023, pourrait lui aussi ne jamais atteindre les joueurs.


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