Ubisoft licencie 55 personnes chez Massive et Ubisoft Stockholm, après une année 2025 plutôt mauvaise
Actionnaires et joueurs, maintenant employés : le ras-le-bol monte
Ubisoft poursuit sa série de réductions d’effectifs avec l’annonce de la suppression envisagée d’environ 55 postes au sein de ses studios suédois Massive Entertainment et Ubisoft Stockholm.
Une décision – rapportée par IGN – qui s’inscrit dans une dynamique désormais familière pour l’éditeur français, plus habitué ces derniers mois aux plans de restructuration qu’aux annonces créatives enthousiasmantes. Après l’échec qu’a été Assassin’s Creed Shadows, le groupe des frères Guillemot fait face à une importante grogne tant des investisseurs que des joueurs.
Selon Ubisoft, ces suppressions ne seraient liées ni aux performances individuelles des employés, ni à la qualité des productions récentes. La direction évoque plutôt la fin d’un programme de départs volontaires entamé en 2025 et une réévaluation stratégique des besoins des studios concernés. Traduction : les projets avancent, mais tout le monde n’est plus jugé indispensable pour la suite du voyage. On pourrait presque se demander si une situation similaire touche Beyond Good and Evil 2, tant le mastodonte annoncé en 2008 se fait attendre.
Massive Entertainment, studio emblématique à l’origine de The Division et pilier du moteur Snowdrop, resterait malgré tout un élément central de la stratégie d’Ubisoft. L’éditeur affirme que le studio conservera son rôle de « hub mondial » pour la franchise The Division dont un troisième opus est en préparation, tout en poursuivant son implication sur d’autres projets technologiques et licences majeures. Un discours rassurant sur le papier, mais qui peine à masquer la réalité des coupes successives. L’ensemble est d’autant plus tristement ironique que Yves Guillemot, PDG du groupe, s’est illustré ces derniers mois par des déclarations hors-sol ; ainsi, Star Wars : Outlaws n’a pas bien fonctionné parce que la licence est nulle, tandis que les trolls sont responsables des mauvaises critiques. Les nouveaux licenciés, eux, ont très certainement une toute autre personne à blâmer.

Ubisoft Stockholm, de son côté, participe depuis plusieurs années à divers projets internes et collaborations transversales. Là encore, la direction assure que l’impact restera limité ; une formule devenue presque automatique, tant elle accompagne désormais chaque annonce de licenciements. Avec que le géant français vient de racheter Amazon Games Montréal, cette coupe budgétaire et les licenciements qui en découlent sont largement malvenus.
Ce nouvel épisode intervient peu de temps après la fermeture d’un autre studio nord-américain du groupe, et renforce l’impression d’une entreprise engagée dans une cure d’amaigrissement permanente. À force de vouloir « optimiser » ses ressources, Ubisoft semble surtout optimiser sa capacité à perdre des talents, tout en promettant que l’essentiel est préservé.
À ce rythme, la véritable prouesse créative de l’éditeur pourrait bien être ailleurs que dans ses jeux : réussir à maintenir le cap tout en sabrant méthodiquement l’équipage.


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