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Toujours plus de rouge chez Ubisoft : les chiffres sont mauvais, la descente aux enfers continue

Ubisoft traverse probablement la période la plus critique de son histoire, comme en témoigne un article de Reuters. Le groupe français vient d’annoncer une perte opérationnelle record de 1,3 milliard d’euros pour l’exercice fiscal clos en mars 2026, tout en prévenant que l’année à venir restera déficitaire.

Les chiffres donnent la mesure de la crise : les « net bookings » (projections de ventes, en gros) ont chuté de 17,4 % à 1,53 milliard d’euros, tandis qu’Ubisoft prévoit encore une baisse de 8 à 9 % de ses ventes pour 2026-2027. Le groupe anticipe également jusqu’à 500 millions d’euros de consommation de trésorerie supplémentaire avant un éventuel retour à la rentabilité en 2027-2028, ce qui est titanesque.

Cette situation est la conséquence directe de plusieurs années de reports, d’annulations et de restructurations – on se rappelle avec tristesse des licenciements chez Ubi Stockholm et Massive Entertainment, ainsi que le quasi-démantèlement de Red Storm Entertainment. Depuis janvier de cette année, Ubisoft a supprimé environ 1 200 postes, annulé plusieurs projets et repoussé une partie importante de son catalogue.

On notera avec une certaine ironie que toute la grosse campagne marketing autour de Assassin’s Creed Shadows ne semble pas avoir eu les résultats escomptés, pesant sur les prévisions autrement optimistes du géants français. Peut-être pire encore, c’est l’héritage entier de la série qui semble avoir été entaché de manière indélébile, réduisant drastiquement le nombres de licences iconiques sur lesquelles Ubisoft peut se reposer ; certes, Beyond Good & Evil 2 est techniquement toujours vivant mais c’est loin d’être suffisant, alors que The Crew semble ne plus exister… sauf devant les tribunaux, semble-t-il.

 

 

 

Le plus frappant reste toutefois le contraste entre la puissance des licences du groupe – Assassin’s Creed, Far Cry ou Rainbow Six – et son incapacité chronique à stabiliser sa production. Ubisoft ressemble de plus en plus à une entreprise qui survit grâce à quelques franchises géantes tout en brûlant des fortunes pour tenter de maintenir sa machine AAA sous contrôle. Le groupe mise désormais sur une restructuration massive en « Creative Houses«  censées rationaliser le développement et améliorer la qualité globale des jeux. Mais après des années de retards, de projets rebootés et de stratégies contradictoires, difficile de ne pas voir dans cette nouvelle réorganisation une tentative supplémentaire de réparer un modèle devenu beaucoup trop lourd pour lui-même.

Même l’espoir suscité par Assassin’s Creed Shadows ou le remake de Black Flag ne suffit plus à masquer une réalité brutale : Ubisoft reste l’un des plus grands éditeurs du secteur, mais aussi l’un des plus fragilisés. Le rachat d’Amazon Montréal et du prometteur March of Giants montre une intéressante volonté de se diversifier mais, encore une fois, les chiffres ne mentent pas…

 

 

 

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