Site icon Always For Keyboard

Ubisoft assigné en justice par l’UFC-Que Choisir : le cas The Crew relance le débat sur la propriété des jeux vidéo

L’association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir a annoncé dans un communiqué, ce mardi 31 mars 2026, avoir assigné en justice l’éditeur français Ubisoft. En cause : l’arrêt du jeu en ligne The Crew, dont les serveurs ont été définitivement coupés en 2024, rendant le titre totalement inaccessible.

Dans son action déposée devant le tribunal judiciaire de Créteil, l’association dénonce des « pratiques commerciales trompeuses » ainsi que des « clauses abusives. » Elle estime que les consommateurs ont été privés « de tout usage d’un jeu qu’ils avaient pourtant acheté » sans avoir été clairement informés d’une éventuelle limitation dans le temps.

Au cœur du litige se trouve la question du statut réel des jeux vidéo dématérialisés. Ubisoft soutient que les joueurs n’achètent pas un produit, mais une simple licence d’utilisation, révocable à tout moment. Une position jugée « inacceptable » par UFC-Que Choisir, qui y voit une remise en cause des droits fondamentaux des consommateurs.

Sorti en 2014, The Crew comptait plusieurs millions de joueurs et proposait notamment une campagne solo. Pourtant, la fermeture des serveurs a rendu l’ensemble du jeu inutilisable, illustrant une pratique de plus en plus répandue dans l’industrie : la désactivation de titres dépendants d’infrastructures en ligne.

Cette affaire s’inscrit dans un mouvement plus large : l’initiative européenne Stop Killing Games, lancée en réaction à cette situation, a déjà recueilli plus d’un million de signatures, obligeant la Commission européenne à examiner la question. En novembre dernier, deux Californiens ont justement attaqué Ubisoft en justice, créant un possible précédant juridique.

Au-delà du cas Ubisoft, le contentieux actuel pourrait faire jurisprudence. Il pose une question centrale pour l’avenir du jeu vidéo : un éditeur peut-il légalement retirer l’accès à un produit vendu, au nom de contraintes techniques ou économiques ? La réponse des tribunaux français pourrait bien redéfinir les contours de la propriété numérique en Europe.

 

 

 

Quitter la version mobile