[TEST] Humankind, cette délicieuse balade à travers les civilisations et ères de notre monde

   

Les 4X sont des jeux passionnants, où il est facile de se perdre pendant des heures. Ces dernières années, avec Endless Space et Endless Legends, le développeur français Amplitude Studios a apporté un vent de fraîcheur bienvenu ; mais tout cela n’était qu’un prélude à Humankind, qui se veut être la concrétisation ultime du studio et de sa philosophie. Alors, le rêve a-t-il atteint ?

 

 

  • Civilization versus civilisations

 

Il est virtuellement impossible de parler d’un 4X sans le comparer à Civilization, la saga décadaire qui domine le genre – et l’a quand même un peu inventé. Surtout qu’en s’attaquant au genre historique, Amplitude Studios marche clairement sur les plate-bandes de Firaxis… mais avec un grand talent.

Notre arrivée dans Humankind se fait à l’Ère néolithique, avec pour seule présence sur la map un groupe d’éclaireurs. Ceux-ci exploreront le terrain, découvriront des curiosités donnant d’importants bonus et chasseront le mammouth comme le cerf. Cette phase d’exploration est particulièrement excitante car, en l’absence de ville à développer, on ne peut qu’apprécier pleinement le brouillard de guerre reculer, dévoilant ainsi des vallées, fleuves et autres montagnes où l’on rêve déjà de s’établir. Les lieux d’intérêt proposent en récompense de l’influence, de la science, de l’or ou de la nourriture, cette dernière étant précieuse en early game afin d’augmenter le nombre de scouts dont nous disposons. Ceux-ci sont particulièrement importants pour explorer et découvrir, n’hésitez donc pas à les split pour couvrir un maximum de terrain.

Le système de progression de Humankind se fait à travers différentes Ères, lesquelles sont au nombre de sept. Passer d’une Ère à une autre demande de compléter sept étoiles, lesquelles correspondent à des objectifs bien précis : rechercher X technologies, atteindre X population à travers votre empire, tuer X unités militaires ennemies…

Une fois ces étoiles complétées, vous avez la possibilité de passer à l’Ère suivante… ou pas. Les étoiles permettent d’acquérir de la Gloire, une ressource intangible qui détermine le gagnant de la partie. Il peut parfois être intéressant de rester dans la même Ère afin de compléter certaines étoiles, en fonction de vos objectifs personnels et de leur faisabilité.

 

 

 

 

Chaque nouvelle Ère vous demandera de choisir une civilisation différente, et c’est là que c’est intéressant. Après le Néolithique, j’ai débuté dans le monde avec les Égyptiens, pour finalement clore la partie, plus de quinze siècles plus tard, avec les Japonais. Chaque civilisation possède une unité unique, un bâtiment unique et de nombreux traits qui lui donnent un gameplay propre : les Assyriens sont expansionnistes, tandis que les Grecs se concentrent sur la science ; la dynastie Zhou excelle à maintenir l’intégrité de son empire, alors que les Allemands bénéficient d’une industrie incroyablement puissante.

En plus d’être très, très, très variées, les combinaisons possibles offrent une importante sensation de plaisir. Sans chercher à prévoir ma stratégie pour l’entièreté du jeu, j’ai pu choisir les cultures qui me tentaient le plus en fonction de “tiens, je vais jouer cette Ère comme ça parce que ça semble cool”, et expérimenter diverses visions de grandeur à l’échelle de mon empire. Mais si vous avez un coup de cœur particulier sur une civilisation, il est possible de réaliser une Transcendance : il s’agit de garder la même civilisation lors de l’Ère suivante, avec un bonus de 10% en Gloire. Cela prive du plaisir (et des forces) de la variété, mais offrir un challenge intéressant.

Chacune de ses cultures a un bâtiment unique, aux avantages qui correspondent au type de gameplay que vous souhaitez. Et pour encore plus de style, ces bâtiments restent tout au long de la partie, permettant ainsi de témoigner de la grandeur culturelle de votre empire. Certes, cela peut sembler être un détail, mais c’est le genre de p’tit truc qui donne encore plus de caractère à Humankind.

 

 

 

 

  • Stratégie, mais aussi tactiques

 

Comme ses prédécesseurs, Humankind propose des combats au tour par tour sur une map à part, lorsqu’un affrontement est engagé. A partir d’une certaine technologie, plusieurs armées peuvent prendre part à un engagement, leur donnant ainsi une dimensions proprement épique – mais aussi complexe, et c’est pour le mieux.

Chaque civilisation ayant son unité propre lors de chaque Ère, la diversité est toujours présente, et demande d’anticiper les meilleurs contres à l’ennemi. Les terrains du jeu sont variés, avec des rivières offrant des bonus défensifs et des hauteurs particulièrement utiles pour tirer sur l’ennemi, ou le charger de manière ascendante. L’auto-résolution est efficace, et certes utiles, mais certaines batailles procurent un véritable plaisir lorsque leur complexité stimule le cerveau.

 

 

Les sièges sont aussi très intéressants, car leur complexité résulte de plusieurs facteurs. D’abord avec les unités de siège, qui ne peuvent être construites que durant l’écran de siège. D’abord les béliers, puis les balistes, et ainsi de suite ; ces armes extrêmement puissantes permettent de détruire les défenses d’une ville, et de blesser les unités à l’intérieur. A l’image de ce qui se fait dans la saga Total War, les armes de siège se construisent au fur et à mesure des tours.

Mais la bataille se joue aussi tout autour des murs. Les forces en défense sont certes sur les hexagones jouxtant la ville, mais les renforts peuvent arriver par derrière. On se retrouve ainsi avec des plaines et reliefs occupés par des unités ennemies, tandis qu’il deviendra vite crucial de bloquer les points de renfort pour éviter de se faire submerger. Chaque bataille est différente, mais son exécution tout autant que la planification importent pour remporter la victoire.

 

 

 

 

  • Une épopée prenante et tellement complète

 

Globalement, les maps de Humankind sont plutôt grandes, en tout cas plus que ce qu’on peut voir chez la concurrence. Etant naturellement divisées par provinces, la course aux villes et avant-postes peut être assez rude, ce qui en soi n’est pas une mauvaise chose. Et il y a quelque chose de vraiment touchant à voir ses villes s’agrandir au fur et à mesure, prendre de plus en plus d’hexagones pour y bâtir des infrastructures.

L’arbre des technologies est étonnamment complet, avec une progression qui ne se fait pas nécessairement de manière linéaire. Votre choix de culture orientera votre objectif, et donc la direction scientifique particulière qui s’adaptera à vos besoin.

De la map aux icônes, on sent clairement que Amplitude Studios a mis toute son expérience et son amour dans Humankind, pour crafter un 4X qui correspond à beaucoup d’attentes. A voir ce que l’avenir et les DLC nous réserve, mais le studio français nous a déjà gratifié d’un jeu complet, sur lequel se perdre pendant des heures est un plaisir.

 

 

 

 

 

 

On a aimé :

  • Le système de combats
  • La beauté des maps
  • La diversité des maps
  • Les civilisations, toutes si variées et plaisantes
  • La direction artistique
  • Le système de progression à travers les Ères
  • Des musiques particulièrement prenantes

 

On a moins aimé :

  • L’aspect naval pas assez développé
  • Les unités aériennes viennent assez tard
  • Le réchauffement climatique trop peu impactant

 

 


NOTE FINALE


90 / 100


 

 

 

 

 

 

Lothan

Rédacteur en chef de ce p'tit site bien sympatoche ! Amateur de jeux stylés, point bonus s'il y a une histoire riche et/ou des blagues de gamin. Dispo sur Twitter : @RealMimil

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