[TEST] Gerda : A Flame in Winter, une aventure poétique et mélancolique

Pari gagné pour Portaplay, le studio danois à l’origine de Gerda : A Flame in Winter et Don’t Nod, qui édite pour la première fois un jeu extérieur. Sorti le 1er septembre 2022, je n’ai pas pu me retenir de m’essayer aux dilemmes qu’impose la vie sous occupation allemande.

Car si la Seconde Guerre Mondiale est largement documentée, l’aspect civil l’est un peu moins, et a fortiori dans les pays scandinaves. Avec pour toile de fond ce conflit d’une ampleur inégalée, Portaplay nous invite à expérimenter une histoire des plus riches.

 

 

 

  • Une immersion totale

 

Avant toute chose, la direction artistique, un style peinture à l’huile qu’il fallait osé, mais qui fonctionne parfaitement avec l’époque des événements. Ce style apporte une douceur bienvenue dans les périodes de tensions. Bien qu’il ne laisse pas entrevoir beaucoup de détails, on apprend à s’en passer pour nous concentrer sur l’essentiel. Il n’est pas surprenant de retenir sa respiration, lors d’une scène décisive, et de ne s’en rendre compte qu’une fois celle-ci terminée.

 

 

L’ambiance sonore n’est pas en reste, on ressent la tension ou la légèreté dans chaque note. Subtile mais présente, elle nous accompagne à la perfection dans notre histoire. Quelques notes graves de piano, des battements de cœur qui se mélangent au bruit du vent, chaque son à son importance !

Les éclairages qui suivent notre progression sont aussi tout importants, notre route est mise en lumière ou non, parfois d’une couleur criarde, ce qui instaure une atmosphère pesante sur un moment décisif. J’ai été agréablement surprise de la justesse de l’émotion dans laquelle on assiste aux scènes qui se déroulent sous nos yeux.

 

 

 

  • Les choix, les relations et le mental

 

Toute la mécanique du jeu repose sur le joueur et les choix qu’il prend. Ceux-ci, outre le fait de de faire avancer l’histoire, nous permettent de travailler nos relations en positif ou en négatif. En effet, Gerda côtoie quatre groupes différents (la population danoise, allemande, la résistance et l’occupation), ainsi que 17 protagonistes importants. Nos choix nous font gagner ou perdre des points de relation, lesquels sont indispensables pour réaliser certaines actions ou choix. Ces relations ont également un impact direct sur la perception, qu’on les personnages, de Gerda. Si on a une mauvaise relation avec l’occupation, il est peu probable qu’ils nous invitent à boire le thé.

A contrario, certains personnages qui peuvent sembler amicaux ou hostiles dans un premier temps, peuvent s’avérer être le total inverse au cours de l’histoire. Ils peuvent devenir des alliés inattendus, et d’autres, des ennemis insoupçonnés.

 

 

 

En parallèle, nous développons les énergies mentales (compassion, intuition et perspicacité) de Gerda dès que nous écrivons dans son journal. Ces points sont cruciaux pour obtenir certains choix.

Sans oublier qu’il faudra parfois, une combinaison de toutes ces informations pour certaines options de dialogue. Sans oublier les choix qui nécessitent un jet de dès, plus nous sommes en possession d’éléments favorables et plus le jet est facile. Notez qu’un jet difficile peut réussir, mais évidemment, les chances sont minces.
Chacun de ces éléments accentue la pression qui plane au-dessus de nos choix, n’aurons nous pas besoin de ce point d’intuition plus tard ?

 

 

A noter également que les choix ne sont pas toujours précis, il peut arriver qu’on dégrade une relation alors que ce n’était absolument pas le but initial. Fort heureusement, cela m’est arrivé sur des choix qui n’impactent pas plus que ça l’histoire.

 

 

 

  • Tant de lieux, si peu de temps

 

Il n’y a vingt-quatre heures dans une journée et le temps passe vite, nous ne pouvons pas nous rendre dans chacun des lieux proposés. Au fil de notre histoire, des personnages demanderont à Gerda de se rendre à différents endroits afin d’obtenir, notamment, son aide. C’est à nous de choisir judicieusement quel lieu visiter, qui aider afin de faire progresser la quête de Gerda. Comme avec les relations, certains lieux sont susceptibles de fortement nous avancer, ou non. Une indication directement sur la carte nous indique quand nous ne pourrons plus revenir à certains lieux, pour ajouter toujours plus de pression dans nos choix.

 

 

Comme tout bon jeu narratif, Gerda : A Flame in Winter nous propose différentes fins, il est préférable de ne pas rester sur l’une d’elles afin de découvrir des lieux manquants, des dénouements différents. Peut-être qu’en choisissant la clinique plutôt que l’usine, la petite Sofia aura un destin plus clément

 

 

Disponible sur Steam, comptez cinq à huit heures pour compléter un scénario, une fin, ce qui est plus ou moins la norme des jeux narratifs d’aujourd’hui.

 

 

 

 

 

On a aimé :

  • La douceur des graphismes
  • L’ambiance générale
  • Les différentes fins
  • Les musiques prenantes
  • L’histoire poignante, déclinée selon nos différents choix

 

On a moins aimé :

  • Certains choix peu parlant
  • La localisation française pas toujours parfaite

 

 


NOTE FINALE


90 / 100


 

Je ne sais pas comment j'ai atterri ici, mais on me nourrit plutôt bien donc je reste. Adepte de survival, énigmes et puzzles en tout genre.

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