[TEST] Cossacks 3, le passé ressuscité

Pour beaucoup de vingtenaires et au-delà, Cossacks : European Wars est synonyme de très longues sessions de jeu, à élaborer mille stratégies avec dix fois plus d’unités pour vaincre une multitude de factions. Et puisque la nostalgie est un très bon argument marketing, GSC Game World a annoncé un remake du jeu, sous le sobre nom de Cossacks 3. Aussi bon que l’original ? Voyons ça :

 

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  • Le gameplay, père de toutes choses

 

La série Cossacks s’est distinguée pour son nombre extrêmement varié d’unités et de factions, certes, mais aussi de par son gameplay hautement stratégique. Le studio ukrainien a repris avec brio les ingrédients du succès, avec douze nations déjà jouables et leurs propres particularités ; on redécouvre avec plaisir les Dragons, Mamelouks et autres Piquiers ! Bien entendu, les fameux régiments sont aussi là : un officier, un tambour, quelques cliques et ça y est, les bonnes vieilles formations sont de retour ! Les archers et autres tireurs en lignes, pour toucher un maximum d’adversaires, les épéistes et et lanciers en colonnes ou quinconces, pour toucher un max d’adversaires… personne ne dira la contraire, c’est assez jouissif d’organiser ses milliers d’hommes en une véritable armée napoléonienne en attendant l’adversaire.

Mais justement, c’est à partir de là que les combats pêchent un peu : sitôt le premier engagement commencé, les formations partent dans tous les sens, et vos régiments si bien organisés se dispersent selon on ne sait quelle logique. On regrette que GSC Game World n’ai pas instauré un système “disciplinaire” où, par exemple, la présence d’officiers aurait pu maintenir une certaine cohésion. Cela prend néanmoins un peu plus de sens lors des escarmouches, notamment dans la campagne ; vous apprendrez que si une infinité de lanciers aura du mal à déloger une centaine de tireurs de n’importe quelle position, une trentaine de cavaliers légers saura parfaitement semer le chaos.

Là où la nostalgie risque aussi de frapper fort, c’est dans le développement de vos bases ; ô combien est-ce magnifique de voir ces fameuses tours, académies et hôtels de ville se construire ! Si l’on est loin d’avoir à utiliser la puissance d’une Nvidia 1080, on admire les graphismes modernes qui permettent la construction de vastes citées. Comme dans les opus précédents, il vous faudra bien sûr amasser en quantités les ressources que sont la nourriture, le fer, le charbon, l’or, le bois et la pierre. L’équilibre économique n’est somme toute pas facile à trouver, et rajoute du piquant aux parties.

 

Quelques bugs ont émaillé la sortie du jeu...
Quelques bugs ont émaillé la sortie du jeu…

 

  • Graphismes 2.0

 

C’était dit depuis le début, LA principale raison d’être de Cossacks 3 est bien entendu la refonte graphique ; car quand on regarde des screenshots du jeu original, qui date tout de même de 2001, on se rend compte de tous les avantages apportés par la 3D. Et qu’on se le dise, GSC Game World a su faire le taf de ce côté là : les animations, les textures, tout apporte un vent de fraîcheur plus que bienvenu.

Mais… il y a un “mais”. Un remake graphique, surtout pour un jeu aussi vieux, aurait pu apporter plus que de nouvelles textures/animations. On pense bien sûr aux iconiques canons (et leurs roues à damiers), qui auraient pu se voir adjoindre des servants, comme dans Total War. Quelques animations supplémentaires auraient également été appréciées, le jeu n’étant de base pas très gourmand en ressources.

Malgré tout, le cœur du jeu reste magnifié par ces nouveaux graphismes, qui donnent plus de fluidité, et donc de punch, aux énormes batailles.

 

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  • So, est-ce que ça vaut le coup ?

 

Cossacks 3 réinvente ce qu’on connaissait déjà, à savoir les 17ème et 18ème siècles dans leur plus épique période martiale. Pour cela, GSC Game World se sert de pas moins 7 campagnes historiques, allant de la France à l’Angleterre, en passant par les redoutables cosaques et l’empire espagnol. Mais ces campagnes, bien que richement historiques, se révèlent narrativement pauvres, avec une structuration qui l’est tout autant.

Les graphismes sont en revanche une magnifique parure au gameplay, malgré les lacunes citées plus haut. Il est aussi dommage que les batailles soient à 80% axées sur la construction d’une économie solide, les mise en place et optimisation d’unité et très peu sur les combats en eux-mêmes ; ceux-ci se révèlent en général un véritable fouillis, où la dimensions stratégique (micro et macro-gestion) est moindre qu’espérée.

Cossacks 3 est donc un très bon jeu, et un remake bien travaillé. Mais son titre pourrait paraître trompeur aux néophytes, dans le sens où il n’apporte pas de réelles nouveautés. Par exemple, un mode “world conquest” aussi passionnant que celui de Total War : Warhammer aurait été fortement apprécié.

 

 

 

On a aimé :

  • La diversité des factions
  • La diversité des unités
  • Les campagnes variées
  • Les graphismes mis à jour
  • Ce vent de fraîcheur venu du passé !

 

On a moins aimé :

  • Les campagnes pas assez immersives
  • Les terrains, toujours les mêmes ! Où sont le désert et la neige ?
  • Le manque de ce “petit truc en plus”, qui aurait pu tout changer

 

NOTE FINALE

75/100

 

 

 

 

 

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Lothan

Rédacteur en chef de ce p'tit bien sympatoche ! Amateur de jeux stylés, point bonus s'il y a une histoire riche et/ou des blagues de gamin. Dispo sur Twitter : @RealMimil

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