[TEST] Borderlands 3, la longue attente d’un succès bien mérité

Borderlands 3. La suite de Borderlands 2, l’évolution de The Pre-sequel, la continuité chronologique de Tales from the Borderlands. Ce jeu était extrêmement attendu par les fans de la saga, au point que l’attente à cause à Gearbox Software pas mal de critiques. Mais voilà, les jumeaux Calypso sont là, la galaxie entière s’offre à nous, et Marcus continue de nous arnaquer. Après toutes ces années, est-ce que Randy Pitchford et ses équipes ont poursuivi sur leur lancée ? On voit ça ensemble.

 

 

  • Des Chasseurs de l’Arche contre des streameurs fanatiques

 

A chaque opus suffit son équipe, et pour ma review, j’ai choisi d’incarner Zane. Certes, Amara, FL4K et Moze étaient tout aussi intéressants, mais j’ai jeté mon dévolu sur le chasseur de prime à la retraite, et sans regret. Première remarque : les arbres de compétences ont été revus, et sont plus horizontaux que verticaux. Comprenez que pour commencer, chaque arbre dispose de sa propre compétence d’action, et vous pourrez en équiper deux en même temps – ce qui laisse envisager des combos hyper intéressants ! Pour ma part, j’ai fait grosso-modo 50/50 sur deux arbres afin d’avoir une certaine équité entre les dommages subis et ceux distribués. Donner des claques et les encaisser, voilà une vraie philosophie de brutasse. Notons cependant que Zane a tendance à émettre des bruits de Ava Addams à chaque fois qu’il subit des dégâts élémentaux, et à la longue, cela peut être déconcertant.

En plus des possibilités de gameplay cités au-dessus, les personnages disposent tous d’un vrai charisme et d’une histoire. Ainsi, les interactions avec les PNJ sont beaucoup, beaucoup plus nombreuses que des les opus précédents, qu’il s’agisse de blagues sympathiques ou de petites piécettes de lore, comme le nom d’une planète (que l’on découvrira en DLC ?) où Zane a fait de la contrebande. Ces petits ajouts renforcent l’immersion générale, mais aussi l’attachement à notre Chasseur de l’Arche.

Et qu’en est-il des méchants ? Sujet délicat, car le Beau Jack, antagoniste de Borderlands 2, est de l’avis général un des meilleurs méchants de l’histoire du jeu vidéo. Disons-le clairement, les jumeaux Calypso ne l’égalent pas, mais c’est loin d’être négatif. Streameurs devenus chefs d’un immeeeeeeeeense culte religieux leur étant dédié, ces nouveaux méchants partagent avec l’ancien PDG d’Hypérion une caractéristique fondamentale : le plaisir de nous taunter salement en vocal. Leurs insultes, leur sarcasme et leurs menaces incarnent parfaitement l’esprit déjanté de la saga, et nous donnent envie d’atteindre rapidement la confrontation finale pour leur faire manger leurs dents. Encore une fois, le charisme adorablement détestable du Beau Jack n’est pas reproduit, mais la touche différente apportée par Gearbox est appréciable. Je ne m’étendrai pas plus sur leurs motivations ou leur évolution pour éviter tout spoil, mais on les kiffe bien.

 

 

 

  • Une guerre immense, des héros d’antan et des bandits d’aujourd’hui

 

Une des grosses révélations lors de l’annonce de Borderlands 3 était bien entendu le fait que nous allions quitter Pandore pour explorer d’autres planètes de la galaxie. Prométhée, Eden-6 et Athénas regorgent d’éléments historiques passionnants, et mettent en avant un événement capital : la Guerre des Sociétés. Si Hypérion a longtemps été sur le devant de la scène avant sa chute, Borderlands 3 nous offre de meilleurs points de vue sur Atlas, Maliwan ou Jakobs, ainsi que leurs principales figures. On notera avec plaisir les interventions de Zer0 et Rhys Strongfork, ainsi que la découverte de la famille Jakobs. On se retrouve parachuté dans une guerre titanesque entre corporations galactiques, où les Arches sont le but ultime de tout le monde.

L’histoire de ces sociétés est abordée avec pas mal de détails, à tel point que des DLC ou même des romans pourraient venir compléter les nombreux pans du lore introduits lors des quêtes. Cela dit, le plus gros ajout de ce côté-ci concerne Typhon DeLeon, le premier Chasseur de l’Arche ; chaque zone nous offrira l’opportunité d’en apprendre plus sur son périple, mais aussi sur les différentes personnalités croisées au fil des années. Une vraie pépite pour les fans de l’histoire !

 

 

Mais bien entendu, Borderlands 3 était aussi placé sous le signe de la famille. En plus de Rhys et Zer0, dont l’amitié est née à l’occasion du très bon Tales from the Borderlands, cet opus nous propose de retrouver de nombreux personnages : une Tina plus trop Tiny mais toujours délicieusement folle, un Brick pour qui la subtilité est toujours un concept abstrait, une Ellie aux punchlines bien crues, Moxxie et son bar (et ses guns), Lilith à la tête des Pillards écarlates, mais aussi Vaughn, introduit lors du DLC de Borderlands 2 sorti en juin dernier. Revoir tous ces personnages, 5 années après la chute chronologique de Jack, donne l’impression de revoir sa famille éloignée (et déjantée) après un long moment, et ça fait plaisir ; big up à Sir Hammerlock qui a enfin trouvé l’âme sœur, mais aussi à Balex, nouveau personnage doublé par le rappeur Ice-T. On regrette cependant que certains personnages n’aient pas bénéficié de plus de temps à l’écran, mais peut-être cela sera t-il corrigé par certains DLC.

 

 

  • C’est beau comme le cul d’un Skag

 

Gearbox est passé à la vitesse supérieure au niveau du moteur graphique, puisque l’Unreal Engine 4 a fait son entrée pour la première fois dans la saga. Disons-le simplement : c’est beau, très beau. Le studio a su utiliser l’outil d’Epic Games pour lisser un style déjà très intéressant, et proposer de meilleures textures, mais aussi des effets graphiques (lumières, ombres, explosions…) plus affinés. Point négatif cela dit : de par son partenariat d’optimisation avec AMD, Borderlands 3 ne propose pas de support du ray tracing, largement popularisé par Nvidia. On espère cependant qu’un patch dans ce sens sera appliqué l’année prochaine, lorsque le constructeur partenaire annoncera ses GPU compatibles avec le ray tracing.

On l’a déjà dit par le passé, le Sanctuary III nous offre la possibilité d’explorer d’autres planètes, et la direction artistique de Gearbox Software, déjà réputée pour sa qualité, s’en est donné à cœur joie. Les zones urbaines ravagées par la guerre de Prométhée, les jungles denses d’Eden-6 ou les environnements zens d’Athénas possèdent un charme propre, avec des assets particuliers qui donnent une unicité à chaque zone. On regrette un peu qu’Athénas n’ait pas été explorée plus en détails, mais peut-être que des DLC viendront corriger tout ça.

NB : une autre planète (et on ne parle pas de Pandore) est également disponible, mais pour le bien de l’histoire, nous n’en parlerons pas ici. Sachez simplement qu’elle vaut le détour !

 

 

 

  • Des choses sympas, et des choses moins sympas

 

C’est son charme principal, l’humour pipi/caca/cul est de retour dans Borderlands 3, et on aime ça. On dirait même que les designers se sont un peu plus lâchés, alternant auto-dérision sur la saga, scatophilie et, bien entendu, sous-entendus à caractère bien sexuel comme on aime ; big up à la Rhys-boule qui vaut son pesant de cacahuètes. Ce n’est certes pas quelque chose qui plaira à tout le monde, mais personnellement, j’ai souri plus d’une fois aux dialogues insensés des personnages.

Le trailer d’annonce avait fait sensation avec son gun doté de pattes, et il me faut ici faire preuve de partialité : Tediore, c’est la base. Les armes et leurs effets sont poussés aux extrêmes, et en plus de garantir une grande variété de gameplay et d’explosions jouissives, l’imagination de l’équipe responsable de tout ça est appréciable au plus haut point. Le gameplay nerveux se prête ainsi bien à l’ensemble, et les boss offriront des défis intéressants – n’hésitez pas à consulter notre guide dédié en cas de difficultés.

 

 

Quelques soucis cependant : les quatre jours qui ont suivi son lancement, le jeu était très long à démarrer sur PC, et certains bugs sont encore maintenant présents en jeu. C’est certes la norme en 2019, mais on ne peut s’empêcher de noter que quelques optimisations supplémentaires auraient été bienvenues. Reconnaissons néanmoins que sur les réseaux sociaux, Gearbox s’est montré attentif aux nombreux retours pour proposer des patchs correctifs le plus rapidement possible. Il faut également parler un peu de l’Epic Store : combien l’encre a coulé sur ce sujet, et Randy Pitchford lui-même a pris la parole plusieurs fois sur le sujet. Globalement, le lancement du jeu s’est passé sans soucis, mais la promesse d’un launcher amélioré pour la sortie de Borderlands 3 n’a, pour l’instant, pas été tenue.

Quoiqu’il en soit, dans l’ensemble, Gearbox Software nous a offert un troisième opus grandiose, qui fait parfaitement le lien entre les jeux précédents et le spin-off de Telltale, améliorant un univers terriblement charmant. La campagne est prenante, et si je n’ai pas encore eu l’occasion de tester le contenu endgame, il s’annonce très intéressant ; nul doute que les DLC viendront enrichir l’ensemble.

 

 

 

On a aimé :

  • Le retour d’anciens personnages, et l’arrivée des nouveaux
  • Un gameplay rehaussé mais pas dénaturé, pour de la grosse qualité
  • Des méchants charismatiques et bien trolls
  • Une campagne principale prenante
  • L’approfondissement général de l’univers
  • L’humour de brutasse
  • La direction artistique au poil, servie par des graphismes de qualité

 

On a moins aimé :

  • Pas assez de stations de voyage-éclair
  • Les dialogues qu’on ne peut pas skipper
  • Pas assez de Tina, de Mordecaï et de Brick

 

 


NOTE FINALE


90 / 100


 

Rédacteur en chef de ce p'tit bien sympatoche ! Dispo sur Twitter : @RealMimil

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