Stop Killing Games rejoint une action en justice contre Sony et son virage vers le tout-numérique
Les Néerlandais montent au front contre Sony
La campagne Stop Killing Games passe une nouvelle fois à l’offensive. Le mouvement de défense des consommateurs et de préservation du jeu vidéo a annoncé son soutien à une action collective engagée aux Pays-Bas contre Sony, dont la stratégie visant à abandonner progressivement les ventes physiques de jeux PlayStation est au cœur des accusations. L’association néerlandaise Stichting Massaschade & Consument (SM&C) reproche notamment à Sony de disposer d’un contrôle excessif sur la distribution numérique et les prix pratiqués sur le PlayStation Store.
L’enjeu dépasse donc largement la question des disques. Si Sony abandonne effectivement les ventes physiques à l’horizon 2028, le PlayStation Store deviendrait l’intermédiaire incontournable pour acheter des jeux sur console. Pour les plaignants, cette situation supprimerait la concurrence exercée par les revendeurs, les promotions indépendantes et surtout le marché de l’occasion. Un exemple avancé dans le dossier illustre le problème : Marvel’s Spider-Man 2 pouvait être vendu numériquement 69,99 livres sterling, tandis que des exemplaires physiques étaient disponibles à des tarifs nettement inférieurs.
Stop Killing Games considère cette évolution comme une question de liberté de choix et de propriété numérique. Le mouvement, rejoint dans cette démarche par l’organisation de préservation DoesItPlay?, estime que la disparition du support physique concentre toujours davantage le pouvoir entre les mains des constructeurs et des éditeurs.
Cette offensive intervient alors que l’industrie semble déjà avoir largement accepté la disparition progressive des disques. Strauss Zelnick, patron de Take-Two, déclarait récemment que son activité était déjà réalisée à plus de 90 % en numérique.
Le procès néerlandais pourrait ainsi devenir un nouveau front dans un débat qui dépasse Sony : à partir de quel moment la dématérialisation transforme-t-elle un achat en simple droit d’accès à une plateforme contrôlée par son propriétaire ? C’est précisément cette question que Stop Killing Games cherche désormais à faire trancher par la justice.




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