Loot boxes : un politicien américain qualifie les pratiques d’EA de “prédatrices”, la Belgique statue enfin sur les paris

La polémique ne cesse d’enfler, et Electronic Arts en fait les frais ! Depuis plusieurs semaines, des jeux comme Shadow of War, Battlefront 2 ou même Overwatch sont sous le feu des critiques vis-à-vis des loot boxes, ces coffres remplis d’objets aléatoires. Les raisons sont diverses, mais dans le cas d’EA, ces boîtes à acheter contenaient des bonus (comme la possibilité de débloquer Dark Vador) puissants mais sans certitude quant au contenu.

 

  • “It’s a trap”, disent les Etats-Unis

Si la Belgique a déjà signifié son mécontentement, le représentant Chris Lee d’Hawaï a déclaré dans une conférence qu’il était du devoir des politiciens de “protéger les enfants et les jeunes, et n’importe qui, des menaces nombreuses des pratiques prédatrices présentes dans les jeux en ligne“. La veille de la sortie de son jeu, Electronic Arts a retiré “momentanément” les loot boxes, espérant calmer la tempête. Mais le représentant Lee a indiqué être en contact avec des membres d’autres Etats afin détudier les possibilités législatives sur ce problème ; la vidéo ci-dessous et son contenu se concentrent sur Battlefront 2, qui est ciblé de par le monde par de nombreuses critiques.

Une “législation qui arrivera cette année” devrait permettre de limiter la vente de ce type de jeux, au moins à partir d’un certain âge. On ignore pour l’instant quelles mesures légales pourront être prises, voire-même si cela arrivera cette année ; cependant, il y a fort à parier que les gros éditeurs, à commencer par Blizzard et Electronic Arts, sont en train de préparer leurs armées d’avocats.


 

  • La Belgique tranche

On ne plaisante pas chez les Belges. Le pays du Manneken-Pis  a statué que les loot boxes sont bel et bien une forme de pari, à la condition qu’on ne sache effectivement pas à l’avance ce que pourquoi l’on paye. Si la question s’applique aussi aux cartes Pokémon ou de base-ball, par exemple, le Ministre de la Justice belge, Koen Geens, s’est dit déterminé à combattre “un danger pour la santé mentale des enfants“.

Légalement, aucune mesure concrète n’a été prise, mais Geens a indiqué vouloir porter la question auprès de l’Union européenne, laquelle pourra prononcer une décision de plus grande envergure. Il n’y a donc à l’heure actuelle aucun danger pour les éditeurs amateurs de loot boxes, mais le terrain est très certainement miné ; certains pensent que le modèle d’Overwatch en Chine est cependant un bon contre. En effet, l’achat d’une monnaie virtuelle avec de la monnaie réelle garantit d’avoir ce pourquoi on paye, ladite monnaie virtuelle pouvant ensuite être utilisée pour des loot boxes. Pas sûr que ça plaise à l’UE…

 

 

Une des grandes questions en suspens concerne l’Entertainment Software Rating Board, chargé d’étiqueter et évaluer les jeux vidéo afin d’établir une classification ; cependant, pourquoi cet organisme n’est pas intervenu plus tôt ? A l’image d’autres associations de ce type, l’ESRB n’est pas allé plus loin dans ses investigations, et ce malgré la grogne montante de la communauté. Certains arguent qu’il y a derrière tout cela du lobbying, et qu’Electronic Arts, entre autre, aurait pu glisser quelques billets dans les bonnes poches. Rien ne permet d’affirmer que de telles allégations sont vraies, mais il y a clairement des responsabilités qui n’ont pas été prises.

Mine de rien, il est assez étonnant, pour la première fois peut-être, de voir des gamers soutenir des politiciens dans une action contre des éditeurs. Le représentant Chris Lee, qui a lâché un petit “It’s trap” pour définir les pratiques d’EA, s’affiche comme un sympathisant de la cause des gamers, là où lesdits éditeurs se retrouvent de plus en plus isolés. Que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe, la conclusion de cette affaire est encore lointaine, mais déjà palpitante…

 

Rédacteur en chef de ce p'tit bien sympatoche ! Dispo sur Twitter : @RealMimil

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