Ubisoft continue sa saignée : deux studios ferment, des centaines d’employés sacrifiés et une stratégie qui interroge
Winnipeg et Belgrade ferment leurs portes, tandis que Barcelone survit à peine à l'hécatombre
Chez Ubisoft, les restructurations semblent désormais s’enchaîner à un rythme industriel. L’éditeur français vient d’annoncer la fermeture de ses studios de Winnipeg et Belgrade, tandis que son antenne de Barcelone subit une importante réduction d’effectifs. Au total, près de 380 emplois seraient concernés par cette nouvelle vague de licenciements.
Officiellement, Ubisoft explique vouloir « simplifier son fonctionnement, » réduire ses coûts et renforcer sa compétitivité à long terme – une justification devenue presque automatique à chaque plan social. Pourtant, il devient difficile de ne pas constater un paradoxe : jamais l’entreprise n’a autant parlé de restructuration, et rarement elle n’a semblé aussi incapable de stabiliser son organisation.
Le studio de Winnipeg, ouvert en 2018 avec de grandes ambitions, ferme ainsi ses portes après avoir participé à plusieurs projets, dont Rainbow Six Mobile. Belgrade, qui soutenait depuis dix ans des productions majeures comme Ghost Recon, The Crew ou Skull & Bones, disparaît lui aussi.
Cette annonce s’inscrit dans une année particulièrement difficile pour Ubisoft. Depuis le début de 2026, les fermetures de studios, les licenciements et les annulations de projets se multiplient, au point de donner l’impression d’une entreprise qui corrige en urgence les conséquences de choix stratégiques accumulés depuis plusieurs années.

Le plus inquiétant reste sans doute le message envoyé aux équipes. Derrière les communiqués évoquant « l’efficacité » et la « transformation, » ce sont encore des centaines de développeurs qui paient le prix d’une gouvernance dont les erreurs semblent rarement assumées au sommet. Pendant ce temps, Ubisoft continue de promettre un avenir plus solide… une promesse que les restructurations successives rendent chaque mois un peu plus difficile à croire.
Un autre aspect de cette affaire suscite également de vives critiques : la communication entourant ces licenciements. D’après le média Aftermath qui reprend Mike Straw, Ubisoft aurait demandé aux journalistes ayant reçu l’information sous embargo de ne pas contacter les employés concernés avant la levée officielle de celui-ci. Officiellement, il s’agissait de permettre à l’entreprise d’informer ses équipes en interne. Mais dans les faits, cette demande a été perçue par plusieurs observateurs comme une tentative de contrôler le récit médiatique et de limiter les témoignages des salariés directement touchés.
Si les embargos font partie du fonctionnement habituel de la presse spécialisée, ils concernent généralement la date de publication d’une information, pas les méthodes de travail des journalistes. Demander à ces derniers de ne pas solliciter les principaux intéressés brouille la frontière entre coordination logistique et contrôle éditorial. Plusieurs rédactions ont d’ailleurs choisi de dénoncer publiquement cette pratique, estimant qu’elle s’apparentait davantage à une tentative d’encadrer, voire d’étouffer, la couverture d’une nouvelle particulièrement sensible pour l’image de l’entreprise.
Ubisoft EMBARGOED news to outlets about the layoffs and studio closures, FYI.
Employees were told this morning. And then many reached out to us.
Companies trying to embargo layoffs and closures might be the most embarrassing thing I’ve ever seen in my 16 years.
— Mike Straw | Insider-Gaming.com (@mikestrawmedia.com) 10 juin 2026 à 19:08



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