The Elder Scrolls VI: Sentinel et Hammerfell, le royaume des Rougegardes, nous promettent une aventure radicalement différente de Skyrim
Après huit années d’attente, Bethesda a enfin donné un nom à son prochain grand RPG : The Elder Scrolls VI: Sentinel. Et celui-ci constitue bien plus qu’une simple confirmation des rumeurs. Sentinel est une cité majeure de Martelfell, province occidentale de Tamriel et patrie des Rougegardes. Un choix qui ouvre des perspectives particulièrement intéressantes pour la saga, tant cette région possède une identité géographique, culturelle et historique distincte de Bordeciel.
Si Bethesda n’a encore dévoilé aucune séquence de gameplay, plusieurs éléments issus de l’univers établi permettent déjà d’imaginer les environnements et les enjeux que pourrait proposer cette nouvelle aventure.
-
Martelfell, une province aux paysages bien plus variés qu’un simple désert
Martelfell occupe la partie occidentale de Tamriel. Son image est souvent associée au désert d’Alik’r, mais la province ne se résume absolument pas à une succession de dunes. Elle possède également des régions montagneuses, des plaines arides, des côtes rocheuses et des espaces méditerranéens. Cette diversité géographique pourrait offrir à Bethesda une variété d’environnements particulièrement bienvenue après les paysages enneigés de Skyrim.
Le désert d’Alik’r constitue néanmoins l’un des lieux les plus emblématiques de la province. Ses étendues de sable, ses ruines anciennes et ses oasis pourraient former une composante majeure de l’exploration. Les montagnes de la Queue-du-Dragon, qui bordent la région, offrent un contraste naturel et pourraient accueillir des forteresses, des passages escarpés et des communautés isolées.
La façade maritime est tout aussi intéressante. Martelfell donne sur la baie d’Illiaque et la mer des Abecean, deux espaces qui ont historiquement favorisé le commerce et les échanges. Des villes portuaires, des villages de pêcheurs et des routes caravanières pourraient ainsi coexister avec les cités fortifiées de l’intérieur. Bethesda disposerait d’un terrain idéal pour varier les ambiances, les architectures et les activités d’exploration.

-
Les Rougegardes, une culture au cœur de l’aventure
L’identité de Martelfell est indissociable des Rougegardes. Originaires du continent disparu de Yokuda, leurs ancêtres ont traversé la mer pour s’installer sur les côtes occidentales de Tamriel. Leur civilisation s’est construite autour d’une tradition guerrière particulièrement développée, mais aussi d’une histoire maritime, politique et spirituelle singulière.
Leur maîtrise de l’épée occupe une place centrale dans leur culture. Les légendes des Chante-Épées, guerriers capables de manier des techniques martiales presque surnaturelles, constituent notamment l’un des aspects les plus fascinants de leur mythologie. Les vestiges de Yokuda, les traditions ancestrales et les ruines de civilisations disparues pourraient également fournir une matière narrative considérable.
Cette identité pourrait aussi influencer profondément la conception des factions et des personnages. Les Rougegardes ne forment pas un peuple politiquement homogène : leurs rivalités internes ont régulièrement façonné l’histoire de Martelfell.

-
Sentinelle, une cité au passé tumultueux
La cité de Sentinelle, qui donne son nom au jeu, mérite une attention particulière. Située sur la côte de la baie d’Illiaque, elle figure parmi les grandes puissances urbaines de Martelfell. Son emplacement stratégique en a fait un centre commercial et politique majeur, mais aussi une place forte régulièrement disputée.
Son histoire est intimement liée aux divisions des Rougegardes. Deux grandes sensibilités politiques s’opposent depuis des siècles : les Couronnes, attachées à l’héritage traditionnel de Yokuda et à l’ancienne noblesse, et les Aïeux, généralement plus ouverts à l’intégration des influences extérieures. Ces rivalités ont régulièrement provoqué des conflits pour le contrôle des différents royaumes de la province. Sentinelle elle-même a changé plusieurs fois de camp au fil de son histoire.
Bethesda pourrait ainsi disposer d’un contexte politique particulièrement riche pour construire son intrigue. Plutôt que de reproduire simplement la guerre civile de Skyrim, le studio pourrait explorer les conséquences d’une longue histoire de rivalités, de traditions concurrentes et de luttes pour le pouvoir. Rien ne confirme cependant que ces factions seront au cœur du scénario.

-
Une province marquée par la guerre contre le Domaine Aldmeri
L’autre élément déterminant est la Grande Guerre opposant l’Empire au Domaine Aldmeri. En 4E 175, le Concordat de l’Or blanc met officiellement fin au conflit, mais Martelfell refuse les concessions territoriales imposées par le traité. Les Rougegardes poursuivent seuls la guerre contre les forces aldmeri, jusqu’au second traité de Stros M’Kai, en 4E 180. La province conserve alors son indépendance vis-à-vis de l’Empire.
Or, le teaser de Sentinel contient une citation attribuée à Yazar, prêtre de la Phalène au service de la Haute-Reine Iradne de Martelfell, datée de l’an 206 de la Quatrième Ère. Si cette date correspond bien à la période de l’aventure, le jeu se déroulerait seulement cinq ans après Skyrim, dont les événements prennent place en 4E 201.
Ce rapprochement temporel pourrait permettre à Bethesda de prolonger certaines tensions politiques laissées en suspens dans le précédent épisode. Le rôle du Domaine Aldmeri, les relations entre Martelfell et l’Empire ou encore la situation des royaumes rougegardes constitueraient autant de pistes narratives.
La présence d’un prêtre de la Phalène est également intéressante : ces érudits entretiennent un lien particulier avec les Parchemins des Anciens. La citation évoque une vision, une victoire perdue et un avenir bouleversé par le destin. Difficile d’en tirer une conclusion, mais Bethesda pourrait faire de ces artefacts un élément important de l’intrigue.

-
Un terrain idéal pour renouveler la formule Bethesda
Martelfell offre finalement à Bethesda l’occasion de renouveler visuellement et narrativement une formule que Skyrim avait installée depuis longtemps. Entre les cités portuaires, les ruines yokudanes, les paysages désertiques et les reliefs montagneux, la province possède suffisamment de diversité pour proposer une exploration très différente de Bordeciel.
La présence de vestiges dwemers, de traditions martiales anciennes et de conflits politiques pourrait également donner une place importante à l’histoire de Tamriel. Les précédents jeux ont déjà exploré certains de ces territoires, notamment Daggerfall et The Elder Scrolls Online, mais jamais avec les moyens d’un nouvel épisode principal moderne.
Il faut néanmoins garder la tête froide : Bethesda n’a confirmé ni l’étendue de la carte, ni les régions accessibles, ni les factions qui seront jouables ou rencontrées. Le nom Sentinel et les indices du teaser orientent fortement vers Martelfell, mais ne constituent pas une présentation du monde ouvert.
Après huit ans d’attente, les possibilités sont nombreuses. Et si le studio exploite réellement la richesse historique de cette province, The Elder Scrolls VI pourrait enfin nous faire découvrir une autre facette de Tamriel, loin des forêts de Cyrodiil et des montagnes de Bordeciel.

Publier un commentaire