Le studio Spiders annonce sa fermeture, un peu plus d’un mois après la sortie de Greedfall: The Dying World
Dix-huit années de RPG qui partent en fumée...
C’est une onde de choc pour la scène RPG européenne : à peine six semaines après la sortie de GreedFall: The Dying World, le studio français Spiders serait en passe de fermer définitivement ses portes, faute de repreneur. Une issue brutale pour une équipe active depuis près de deux décennies.
À l’origine de cette situation : les difficultés financières de Nacon, maison-mère du studio. Placée en procédure d’insolvabilité début 2026, l’entreprise cherchait à céder plusieurs de ses filiales, dont Spiders. Mais selon plusieurs sources concordantes, aucun acheteur ne s’est manifesté, poussant l’administrateur judiciaire à envisager une liquidation pure et simple – tristement décrite comme une « formalité » à ce stade. Cette fermeture s’inscrit dans un contexte plus large, puisque d’autres studios du groupe ont également été placés en redressement judiciaire, révélant une crise structurelle profonde.
Le timing rend l’annonce particulièrement marquante puisque Spiders venait tout juste de lancer GreedFall: The Dying World en mars 2026, présenté comme l’aboutissement de plusieurs années de travail. Mais malgré une ambition intacte, le jeu a souffert d’un accueil mitigé, entre problèmes techniques et critiques sur son gameplay, illustrant les limites récurrentes du studio : une vision forte, mais des moyens restreints. Là où Nacon devait apporter les financements et l’expertise nécessaires, il semblerait bien que c’est l’inverse qui ce soit passé…

Fondé en 2008, Spiders s’était imposé comme l’un des représentants majeurs du RPG AA européen avec des titres comme The Technomancer, GreedFall ou Steelrising qui incarnaient cette philosophie : ambition narrative élevée, budgets limités, et une identité forte malgré des imperfections techniques.
Sa disparition marque donc bien plus que la fin d’un studio. Elle symbolise l’érosion progressive d’un segment entier de l’industrie ; celui des jeux intermédiaires, coincés entre productions indépendantes et blockbusters. Si la liquidation est confirmée dans les prochains jours, GreedFall: The Dying World deviendra le dernier projet d’un studio qui aura tenté, pendant 18 ans, de rivaliser avec les grands noms du RPG sans jamais en avoir les moyens.
Une fin brutale, mais révélatrice d’un marché de plus en plus polarisé, où l’espace pour les ambitions imparfaites, mais sincères, semble se réduire année après année.



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