En manque de liquidités, Don’t Nod pourrait malheureusement ne pas survivre après janvier 2027

La pépite française est à court de cash, alors que ses derniers projets ont peiné à convaincre un public toujours plus exigeant

La situation financière de Don’t Nod vient de prendre une tournure particulièrement préoccupante, après de mauvaise nouvelles au début de l’été. Le studio français, connu notamment pour Life is Strange, Vampyr, Jusant et Lost Records: Bloom & Rage, reconnaît désormais que sa capacité à poursuivre ses activités au-delà du 31 janvier 2027 dépend en partie de l’obtention de financements externes. Dans le même temps, une restructuration pourrait entraîner la suppression de jusqu’à 90 postes en France.

Les chiffres du premier semestre 2026  – relevés par GamesIndustry.biz – expliquent cette situation. Le chiffre d’affaires atteint 6,1 millions d’euros, en baisse de 14 % sur un an, tandis que les produits d’exploitation économiques chutent de 56 %. Surtout, l’EBITDA économique affiche une perte de 4,3 millions d’euros, contre 2 millions au premier semestre 2025. La trésorerie brute est passée de 15,4 millions d’euros fin 2025 à seulement 8 millions fin juillet 2026.

Le problème vient notamment des performances commerciales insuffisantes de plusieurs productions récentes. Jusant et Banishers: Ghosts of New Eden avaient déjà réalisé des ventes inférieures aux attentes, tandis que Lost Records: Bloom & Rage n’a pas permis de redresser suffisamment la situation. Aphelion, sorti cette année, n’a pas davantage inversé la tendance. Plusieurs projets ont d’ailleurs été suspendus, faute d’employés et surtout de vision à long terme.

 

 

Paradoxalement, Don’t Nod continue pourtant à travailler sur plusieurs productions. Le studio indique notamment que ses équipes de Montréal développent un jeu narratif basé sur une importante licence de Netflix, tandis que le projet P14 reste en développement. Ces activités représentent cependant des coûts alors que les financements deviennent de plus en plus difficiles à obtenir.

La réponse envisagée est donc une restructuration profonde. Don’t Nod souhaite désormais concentrer ses activités françaises autour d’une seule ligne de production, afin de réduire la dispersion des ressources et de maintenir malgré tout un pipeline de nouveaux projets. Cette réorganisation pourrait supprimer jusqu’à 90 emplois. Les premières discussions avec les représentants du personnel ont déjà commencé.

Le cas Don’t Nod illustre surtout une nouvelle réalité particulièrement brutale pour les studios indépendants : avoir plusieurs projets et des licences reconnues ne garantit plus la survie lorsque les financements se raréfient et que les jeux ne rencontrent pas immédiatement leur public. Pour le studio français, les prochains mois pourraient désormais être déterminants.

 

 

 

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