Le fondateur de Stop Killing Games réussit à convaincre le Parlement européen avec brio

Le sourire et les arguments de Ross Scott ont unifié les eurodéputés de différents partis, marquant une étape importante dans la lutte pour préserver les jeux vidéo

Le mouvement Stop Killing Games a franchi un cap décisif cette semaine en portant son combat jusque dans l’hémicycle européen. À l’occasion d’une audition officielle au Parlement européen, les représentants de cette initiative citoyenne ont reçu un accueil unanimement favorable, ce qui est un signal politique fort pour une campagne longtemps cantonnée à la sphère militante.

Portée notamment par le vidéaste Ross Scott, l’initiative vise à encadrer juridiquement une pratique devenue courante dans l’industrie : rendre des jeux totalement inutilisables après l’arrêt de leurs serveurs. Une problématique illustrée par des cas récents où des titres pourtant achetés légalement deviennent inaccessibles du jour au lendemain ; on ne se rappelle que trop bien de The Crew, dont la fermeture des serveurs a revigoré Stop Killing Games et surtout enflammé de nombreux cœurs. UFC-Que-Choisir a d’ailleurs récemment assigné Ubisoft en justice à ce sujet, promettant une très intéressantes bataille judiciaire.

Lors de l’audition devant les eurodéputés, les deux responsables de Stop Killing Games ont détaillé des solutions concrètes, notamment l’intégration, dès la conception, de mécanismes de « fin de vie » permettant aux jeux de fonctionner hors ligne ou via des serveurs alternatifs. Selon eux, l’impact financier pour les studios resterait limité, contrairement à certains arguments avancés par l’industrie.

 

 

 

Le point marquant reste toutefois la réception politique : plusieurs eurodéputés, issus de différents groupes, ont salué l’initiative, évoquant un large consensus autour de la nécessité de mieux protéger les consommateurs et le patrimoine vidéoludique. La présidente de commission Anna Cavazzini a notamment souligné le soutien transversal dont bénéficie le projet, confirmant qu’il s’inscrit désormais pleinement dans le processus législatif européen. On peut imaginer que d’autres acteurs comme l’initiative European Federation of Game Archives, Museums, and Preservation Projects (récemment rejointe par GOG) ou l’European Law Institue, impliqué dans la conservation des jeux, pourront ajouter leurs voix à celles de Stop Killing Games et ainsi faire pencher la balance du bon côté.

Cette audition constitue une étape clé pour une initiative ayant déjà dépassé le seuil requis d’un million de signatures, condition indispensable pour être examinée par la Commission européenne. Rien n’est certes encore acté sur le plan juridique, mais une chose est acquise : la question de la propriété des jeux vidéo – et de leur préservation – n’est plus un défi porté par quelques geeks isolés, mais un enjeu souverain soutenu par des millions de gens.

 

 

 

 

Rédacteur en chef de ce p'tit site bien sympatoche ! Amateur de jeux stylés, point bonus s'il y a une histoire riche et/ou des blagues de gamin. Dispo sur Twitter : @RealMimil

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