Aux Etats-Unis, Walmart renonce aux jeux vidéo violents (mais pas à la vente d’armes)

Suite aux deux tueries ayant fait un total de 31 morts aux Etats-Unis le week-end dernier, la célèbre enseigne de distribution Walmart a décidé de prendre des décisions… surprenantes. En effet, un mémo interne demande aux employés de ne plus mettre en avant les jeux vidéos qui contiennent des “images violentes ou des comportement agressifs“. L’idée, pour l’enseigne qui continue de commercialiser des armes à feu, est de ne pas tenter les jeunes à reproduire ce genre d’action. Mais pour le moment, aucune étude n’a prouvé que les joueurs des Sims allaient fonder une famille et construire une maison, tandis que les fans de The Witcher n’ont pour l’instant pas été aperçus en train de chasser des guenaudes…

 

 

 

 

Il faut dire que globalement, les politiciens et industriels étasuniens ont tendance, dans ce genre de situation, à blâmer les jeux vidéo plutôt que, par exemple, la politique de contrôle des armes. Dans son discours relatifs aux deux tueries, le président Donald Trump a indiqué : “Nous devons arrêter la glorification de la violence dans notre société. Cela inclut les jeux vidéo dégoûtants et macabres qui sont aujourd’hui monnaie courante”. Ce n’est pas la première fois que le locataire de la Maison Blanche s’en prend au secteur, et il peut compter sur le soutien de nombreux politiciens, en particulier du côté ds Républicains. Ainsi, le sénateur Kevin McCarthy a expliqué à Fox News que l’action du tireur d’El Paso “était peut-être un jeu vidéo pour ce démon maléfique. Un jeu vidéo pour lui. Il n’a aucune humanité, aucun sens de la vie. Il voulait être un super soldat pour son jeu Call of Duty”.

En revanche, la directrice exécutive de l’International Game Developers Association, Renee Gittins, a défendu le secteur : “Blâmer les jeux vidéo fait distraction des problèmes plus larges qui sont à portée de main. Il existe une quantité écrasante d’études scientifiques montrant qu’il n’existe aucun lien entre jeux et violence“. D’un point de vue financier, le discours de Donald Trump à fait perdre de la valorisation à plusieurs gros éditeurs : 5,41% pour Activision-Blizzard (notamment éditeur de Call of Duty), 4,18 pour Electronic Arts ou encore 3,52% pour Ubisoft.

En-dehors du côté tragique (et malheureusement répétitif) de ces actes meurtriers, il est désolant de constater que beaucoup de politiciens continuent de blâmer les jeux vidéo, malgré le fait qu’aucune donnée scientifique ne présente de corrélation avec les tueries de masse. La décision de Walmart risque de mettre en péril de nombreux acteurs du marché, et encore plus si d’autres grandes surfaces lui emboîtent le pas.

Rédacteur en chef de ce p'tit bien sympatoche ! Dispo sur Twitter : @RealMimil

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