Open world complet ou pas, c’est toute la difficulté du remake de The Witcher

Le scénariste du premier jeu revient sur l'évolution entre The Witcher et The Witcher 3, mais aussi sur la complexité des mondes ouverts en game design

Alors que le remake du premier The Witcher est en développement chez Fool’s Theory sous la supervision de CD Projekt Red, une question revient régulièrement au sein de la communauté : faut-il transformer le RPG de 2007 en véritable monde ouvert, à l’image de The Witcher 3 ? Pour Artur Ganszyniec, principal scénariste du jeu original et interviewé par Mateusz Lyson, ce serait une erreur aux conséquences bien plus importantes qu’il n’y paraît.

Selon lui, la structure narrative du premier opus repose sur des zones relativement contenues, pensées pour guider le joueur à travers un rythme précis. Agrandir ces environnements impliquerait de créer davantage de contenu, mais aussi de revoir entièrement la progression, les quêtes et le déroulement du récit. En d’autres termes, il ne s’agirait plus d’un remake, mais d’une réinterprétation complète de l’œuvre originale. Il prend pour exemple l’acte V du jeu, où un joueur pourrait théoriquement prend un bateau pour traverser le lac Vizima et ainsi passer à côté de pas mal d’éléments. Il ironise : « C’est peut-être passionnant du point de vue d’un joueur, mais en tant que concepteur, je sens déjà mes cheveux blanchir. »

 

 

 

Cette réflexion illustre un défi récurrent dans l’industrie : moderniser un classique sans dénaturer son identité. Si le succès de The Witcher 3 a durablement associé la licence aux vastes mondes ouverts, le premier épisode se distinguait avant tout par son écriture, son ambiance et sa narration plus dirigiste, propre aux jeux de cette époque. Il existe néanmoins des compromis intéressants, comme Avowed ; le RPG développé par Obsidian Entertainment adopte une philosophie de différentes zones ouvertes connectées les unes aux autres par un écran de chargement.

Le remake devra donc trouver un équilibre délicat entre modernisation et fidélité. Les joueurs s’attendent naturellement à des graphismes contemporains, un système de combat retravaillé et des mécaniques plus fluides. En revanche, transformer entièrement la structure du jeu risquerait de sacrifier ce qui faisait la force de cette première aventure de Geralt. Dans ce contexte, préserver le rythme narratif imaginé en 2007 pourrait finalement constituer le choix le plus pertinent.

Pour rappel, en parallèle de ce remake, Fool’s Theory développé également Songs of the Past, la troisième extension surprise de The Witcher 3 !

 

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