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La streameuse Ultia remerciée du CNC, après avoir explicitement annoncé favoriser les projets qui correspondent à ses idées politiques

Carla « Ultia » Giardina se retrouve de nouveau sous le feu des polémiques, avec une affaire qui pourrait largement dépasser le cadre des jeux vidéo.

Intégrée au jury du CNC Talent, une antenne du célèbre et controversé Centre National du Cinéma et de l’image animée, la streameuse a longuement expliqué comment son positionnement politique influait sur la décision d’aider ou pas des projets : »Si c’est un projet proposé délibérément par quelqu’un d’extrême droite, désolé, ben non, en fait ! [] S’il y a des projets portés par des gens que j’aime bien, c’est d’une évidence sans nom que, si je trouve le projet pertinent, je vais « saucer » [sic] le projet« . Une polémique s’en est rapidement suivie sur les réseaux sociaux, et pour cause : le CNC et ses composantes sont financés par des taxes payées par les Français, avec pour objectif une production audiovisuelle diversifiée et qualitative.

En l’occurrence, les idées politiques d’Ultia semblent être un critère majeur pour l’attribution de financements à divers projets, ce qui est assez ironique quand on sait que « quelqu’un d’extrême droite » est, selon la définition de la streameuse, toute personne à droite de ses propres idées. S’il faut le rappeler, le racisme ou autres délits similaires sont supprimés par les plateformes comme YouTube ou Twitch, et ne dépendent donc pas des jurés du CNC Talent. La collusion évoquée par Ultia entre personnes de mêmes idéaux n’est pas nouvelle, on se rappellera notamment des nombreuses polémiques du ZEvent 2025 à ce sujet. La streameuse renchérit d’ailleurs : « Si demain Rivenzi [vidéaste et ami proche d’Ultia, ndlr] il poste un projet pour le CNC, c’est évident que je vais être en mode : “Prends ta thune du CNC et fais ton projet !” Je te soutiens ! » ; On notera effectivement que le CNC Talent a accordé des financements à Blast, Charles Villa, Histoires Crépues ou encore Jean Massiet, des personnes ou entités qui se revendiquent clairement de gauche, voire extrême gauche.

 


Le CNC a réagi dans un tweet en condamnant des propos « contreviennent manifestement à l’obligation de neutralité, d’indépendance et d’impartialité qui s’impose à tous les membres des commissions » et en se séparant d’Ultia, laquelle se rend potentiellement coupable de détournement de fonds publics.

Plus largement, cette polémique met en exergue une discussion qui existe depuis plusieurs années sur l’opacité des financements octroyés par le CNC, et le biais politique qu’on y trouve. Ainsi, la chaîne YouTube Trois Jours de Marche a reçu 144 000 euros de financements publics, pour un total de 6 000 vues. On se retrouve donc avec 443€ par seconde, pour un résultat loin de la mission originale du CNC. Le compte X @LeDindonFiscal a réalisé un très intéressant travail de compilation, juxtaposant les médias/influenceurs orientés très à gauche et les financements reçus.

Beaucoup de personnalités sont venues à la défense du CNC, comme la streameuse Modiie qui regrette « qu’un post X puisse faire la pression ainsi sur une commission » – omettant que son travail chez Blast la rend récipiendaire des aides publiques. Tous ces conflits d’intérêts ne sont clairement que la partie visible de l’iceberg, alors que de nombreuses personnes appellent sur les réseaux sociaux à un meilleur contrôle des financements publics et une évaluation des risques de collusion.

 

 

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