C’était l’un des mouvements les plus ambitieux jamais lancés par des joueurs européens. Après avoir réuni plus de 1,29 million de signatures validées, l’initiative citoyenne européenne Stop Killing Games espérait obtenir une évolution législative empêchant les éditeurs de rendre définitivement inutilisables les jeux vendus aux consommateurs. La réponse de la Commission européenne risque cependant de doucher ces espoirs.
Dans sa réponse officielle, Bruxelles estime ne pas pouvoir imposer aux éditeurs une obligation légale consistant à maintenir les jeux jouables après leur fin de commercialisation ou l’arrêt de leurs serveurs. Plutôt qu’une nouvelle loi, la Commission privilégie l’ouverture de discussions avec l’industrie et les associations de consommateurs afin d’élaborer un futur code de conduite d’ici fin 2026.
Cette décision constitue un revers pour une campagne née dans le sillage de la fermeture de jeux comme The Crew, dont l’arrêt des serveurs a rendu le titre totalement inaccessible à ses propriétaires. Les organisateurs réclamaient notamment que les éditeurs prévoient des solutions permettant à un jeu de continuer à fonctionner après son abandon officiel.
Today, the @EU_Commission replied to the European Citizens Initiative « Stop Destroying Videogames ».
New legislation will not be proposed, but exchanges will be initiated with consumers & industry to improve the management of videogames’ end-of-life.https://t.co/fWYMgoTIQf pic.twitter.com/YPjESHZM19
— Digital EU 🇪🇺 (@DigitalEU) June 16, 2026
Pour autant, parler d’échec définitif serait prématuré. Une Initiative Citoyenne Européenne n’oblige jamais la Commission à légiférer ; elle garantit seulement un examen formel du dossier. Plusieurs soutiens du mouvement soulignent désormais que le véritable combat pourrait se déplacer vers le Parlement européen, où certains élus se sont déjà montrés favorables à une meilleure protection des consommateurs dans le domaine du jeu vidéo.
En réalité, Stop Killing Games a peut-être déjà remporté une victoire plus importante que l’adoption immédiate d’une loi : celle d’avoir transformé la question de la propriété numérique et de la préservation des jeux vidéo en sujet politique à l’échelle européenne. Reste à voir si cette mobilisation historique débouchera un jour sur des obligations concrètes pour l’industrie.
De manière intéressante, comme spécifié par GamesRadar, le meeting entre SKG et la commission européenne n’a peut-être pas été des plus neutres. En effet, un groupe de lobbyistes comprenant Ubisoft – dont le PDG est notoirement contre des initiatives de préservations – a rencontré les représentants européens, ce qui pose des questions sur l’imaprtialité de Bruxelles.
En l’absence d’éléments supplémentaires, nous nous abstiendrons de conjecturer, mais la coïncidence fait se dresser quelques sourcils…
Ubisoft CEO is today having an « invitation-only » meeting with the European Commission, hosted by VGE, 2 weeks before the EC planned answer to our ECI.
SKG was not invited.Thus, we publish an Open Letter, that we invite everyone of you to read it and share it for visibility. pic.twitter.com/aOcjheiUxE
— Stop Killing Games Official (@StopKilingGames) June 3, 2026

