Le principal défaut de DLSS 5 commence à apparaître clairement : son rendu neuronal est extrêmement gourmand. Alors que la technologie de NVIDIA promet d’améliorer considérablement le réalisme des jeux grâce à l’IA, son activation peut réduire le nombre d’images par seconde de 50 à 60 %. Un moddeur vient toutefois de trouver une solution aussi radicale qu’intéressante : confier cette tâche à une seconde carte graphique.
Le principe de MGPU Bridge, un module complémentaire pour ReShade, est finalement assez simple. La première carte se charge de rendre le jeu normalement, puis transmet l’image terminée à une seconde carte, qui exécute uniquement la passe de DLSS Neural Rendering. Celle-ci affiche ensuite directement le résultat sur un écran qui lui est connecté. Le GPU principal n’a donc plus à partager ses ressources entre le rendu traditionnel et les calculs neuronaux.
Les premiers tests sont particulièrement révélateurs. Avec deux RTX 5060 Ti 16 Go, un jeu tournant à 98-99 FPS en DLSS Quality sans Neural Rendering tombe à 54-55 FPS lorsque la même carte doit également effectuer le traitement neuronal. En déplaçant celui-ci sur la seconde carte, le résultat remonte à environ 91 FPS. En Ultra Performance, le gain est encore plus spectaculaire : 69-71 FPS sur une seule carte contre 157 FPS avec le GPU dédié.
Pourquoi une telle différence ? Parce que le Neural Rendering travaille sur l’image finale, donc à la résolution de sortie. Réduire la résolution interne grâce aux modes Performance ou Ultra Performance soulage fortement le rendu classique, mais pas suffisamment cette étape neuronale. Celle-ci finit donc par absorber une part toujours plus importante des ressources disponibles. Sur un deuxième GPU, le problème disparaît pratiquement.
Il ne faut cependant pas y voir une solution grand public. Le prototype a été testé sur une seule machine et seulement quelques jeux, nécessite actuellement deux cartes graphiques et deux écrans, et son développeur le présente explicitement comme du code de recherche plutôt qu’un produit final. De plus, cette version ReShade intervient après le rendu complet et ne dispose pas des informations de profondeur et de vecteurs de mouvement exploitées par une intégration native de NVIDIA.
Le plus intéressant est donc ailleurs. DLSS 5 pourrait paradoxalement donner une nouvelle utilité au concept de GPU secondaire, longtemps abandonné avec la disparition progressive du SLI. Les démonstrations originales de NVIDIA utilisaient déjà deux cartes, et ce mod montre pourquoi : le Neural Rendering semble suffisamment lourd pour justifier un coprocesseur dédié.
Reste évidemment une question majeure : qui voudrait acheter une deuxième carte graphique uniquement pour faire fonctionner une technologie censée améliorer les performances ? En l’état, personne ou presque. Mais si NVIDIA parvient à réduire drastiquement le coût de cette étape, l’expérience montre surtout que le futur du rendu neuronal pourrait être moins une affaire d’upscaling que de répartition intelligente des tâches entre plusieurs processeurs graphiques.

